Sous le haut patronage du Premier ministre Félix Moloua, la République centrafricaine (RCA) a accueilli ce jeudi, 02 juillet 2026 un atelier de dissémination de la Revue des finances publiques, fruit d’une collaboration entre la Banque mondiale et le ministère des Finances. L’événement, placé sous le thème « Renforcer la transparence, la viabilité et l’efficacité du secteur public », a réuni décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, universitaires et représentants de la société civile.

Cet atelier marque une étape importante dans la quête de la RCA pour une gouvernance financière plus solide et une meilleure confiance dans la gestion des ressources publiques. La revue, véritable diagnostic macro-budgétaire, met en lumière les défis structurels du pays et propose une feuille de route de réformes séquencées pour assurer la viabilité et l’efficacité des finances publiques.

Dans son allocution, Cheikh Fontamadi-Khanté, directeur de division de la Banque mondiale, a salué les avancées politiques récentes du pays : « La République centrafricaine vient d’organiser avec succès des élections présidentielles, législatives et locales combinées. Ce n’est pas rien dans un contexte global marqué par un regain de conflits et la rarité des ressources. »

Il a également rappelé le lancement du Plan national de développement (PND), véritable feuille de route nationale. Mais derrière ces acquis, les défis budgétaires demeurent considérables. Les recettes intérieures représentent moins de 10 % du PIB, alors que le fonctionnement minimal de l’État exige au moins 12 %. Cette dépendance à l’aide extérieure, qui finance plus de 84 % des investissements, est jugée « fragile » et « non viable » à long terme.

La Banque mondiale propose une feuille de route articulée autour de trois axes : mobiliser davantage de ressources intérieures, améliorer la qualité de la dépense publique et repenser la relation avec les partenaires. 

De son côté, Marc Mandaba, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, a insisté sur la gravité des contraintes budgétaires : « La masse salariale publique représente plus de 70 % des recettes intérieures, ce qui réduit fortement la marge de manœuvre pour l’investissement dans les infrastructures et le développement humain. »

Il a rappelé que la dépendance aux financements extérieurs reste massive, avec plus de 80 % des investissements couverts par l’aide internationale entre 2016 et 2021. Pour lui, la revue constitue un outil stratégique, offrant une structuration claire des réformes autour de trois niveaux :

Réformes fondamentales : améliorer la gestion des recettes, renforcer la trésorerie et la dette, accroître la transparence budgétaire ;

Réformes avancées : moderniser la gestion budgétaire, interconnecter les systèmes numériques, créer des fonds de contingence et réformer la gestion des ressources humaines ;

Réformes avec partenaires : stabiliser l’appui aux investissements, renforcer les capacités de l’État et exploiter les données pour une meilleure planification.

L’objectif affiché est clair : porter les recettes intérieures de 10 % à au moins 12 % du PIB à court terme, avec une cible de 15 % à long terme, afin de couvrir les dépenses courantes et sécuritaires sans compromettre la viabilité de la dette.

La RCA doit transformer ses vulnérabilités en opportunités. Les ressources naturelles, les télécommunications et les forêts représentent un potentiel considérable, encore insuffisamment exploité. La transparence et l’efficacité dans la gestion des finances publiques apparaissent comme des conditions indispensables pour bâtir une économie plus résiliente et réduire progressivement la dépendance à l’aide extérieure.

Cet atelier de dissémination n’est donc pas une simple présentation de rapport, mais un appel à l’action collective. La Banque mondiale et le gouvernement centrafricain s’engagent à travailler main dans la main pour mettre en œuvre ces réformes, dans un esprit de partenariat et de respect des priorités nationales.

La Revue des finances publiques constitue une boussole pour la RCA, un outil de pilotage stratégique qui doit permettre au pays de franchir une nouvelle étape vers la stabilité budgétaire et le développement durable.

Dieu Béni Anderson Kabou