Talentueuse et ambitieuse, Emmanuella Lalanga âgée de 24 ans est une pépite du cinéma centrafricain en plein essor. A peine entrée dans le métier, sa toute première réalisation qui est un court métrage intitulé « pas avant le bac » commence à faire du succès.
D’abord avec ce court métrage elle avait reçu le prix du festival Bangui fait son cinéma, et pour cette fois, cette œuvre est sélectionnée pour le programme PANORAMA au festival de Pantin en France dans la région parisienne. Oubangui Médias s’est intéressé à elle.
« Pas avant le bac » est un court métrage d’Emmanuella Lalanga qui raconte l’histoire de Léo personnage principal qui est en classe de terminale et qui refuse d’avoir son premier rapport sexuel avant son bac. Mais la pression sociale, sa copine qui veut un rapport sexuel avant le bac et tous ses amis qui se moquent de lui etc., tout cela va l’entrainer à changer de décision et rater son bac à la fin.
A travers ce film, l’auteure veut mettre en lumière la question de la sexualité de la femme dans une société patriarcale qu’est la Centrafrique. Surtout sur la virginité d’un garçon qui semble être dans l’oubliette au profit de celle de la jeune fille : « Quand une fille n’est plus vierge, on la frappe, on la fait des remontrances par contre on ne tient pas compte de la virginité du jeune garçon pourtant cela peut conduire à une ruine à son avenir», a soutenu Emmanuella.
Bizarrement, cette œuvre n’est que le fruit d’hasard car Emmanuella n’a aucune ambition de devenir cinéaste. Cette envie nait de la nécessité d’une diversion : « Quand j’étais en ma première année en droit à l’Université de Bangui, j’avais fait un mort-né et c’était une période vraiment difficile pour moi. J’étais dépressive et je voulais me changer d’idées. Je ne connaissais pas le cinéma auparavant, c’est quand j’ai vu l’appel à candidature lancé par l’ambassade de France pour une formation éphémère en cinéma que je n’ai pas hésité à postuler. J’étais partie pour m’échanger les idées mais à présent, je sens que je ne peux plus vivre sans cela », témoigne-t-elle.
Emmanuella est titulaire d’un Bac B au lycée Pie VII. Elle détient également une licence en droit privé et est actuellement étudiante en master I en science criminelle à l’Université de Bangui. Malgré les exigences de ses études, elle réussit à planifier son temps entre les études et le cinéma qui est sa passion.
D’ailleurs, elle a un projet de court et de long métrage à la fois. Le court métrage s’appelle « Ndeko » qui est en cours de production. Cette œuvre raconte l’histoire d’un amour impossible entre une jeune femme qui, selon la société doit normalement être dans un foyer mais qui n’est pas dans un foyer mais l’amante d’un prêtre. Sa mère s’oppose à son amour pour le prêtre et veut qu’elle se marie avec un autre homme. Donc, ce film raconte l’histoire de cette jeune dame qui est tout le temps tiraillée entre son amour pour le prêtre et le poids de la société.
Par contre, le long métrage raconte l’histoire d’une fille qui a perdu son enfant. Et cette perte va la pousser à repenser à son futur et à sa vie de femme dans la société.
N’ayant suivie qu’une seule formation d’une année en cinématographie, Emmanuella a cette soif de se former afin de consolider ses acquis cinématographiques. Elle dit avoir un mentor qui est Maïmouna Touré de nationalité française et d’origine sénégalaise. C’est une grande figure inspirante du cinéma selon elle.
Belvia Espérance Refeibona

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