Face aux besoins énormes des survivants de la crise militaro-politique de 2013 qui a affecté presque toutes les couches sociales, la Fondation Denis Mukwege qui est une organisation internationale œuvrant depuis quelques temps en RCA au profit des victimes et survivants des violences sexuelles a initié depuis dimanche 26 novembre une série d’activités en vue de sensibiliser et faire des plaidoyers au profit des survivantes, et ce, dans le cadre des 16 jours d’activisme.

En marge de son mandat qui est celui d’apporter un appui psychosocial aux survivantes des violences sexuelles liées au conflit armé, la Fondation Denis Mukwege a lancé une série d’activités de sensibilisation et de plaidoyer au profit de ces victimes et survivants.

Malgré les efforts consentis par les autorités centrafricaines et certaines organisations non gouvernementales, les conditions des survivantes  des violences sexuelles en RCA demeurent encore préoccupantes, a indiqué Dr  Earvin Isumbisho Mazambi, Directeur-pays de la Fondation Denis Mukwege en RCA.

Selon nos informations, une femme sur quatre est victime quotidiennement de violence sexuelle dont les principaux auteurs sont des porteurs d’armes et des individus non armé.

« Ces victimes sont parfois abandonnées à leurs tristes sorts », a déploré Francine Evodie Ndémadé coordonnatrice de l’association des victimes de crise militaro-politique en RCA.

Selon elle, la majorité des femmes victimes et survivantes des violences sexuelles dans le pays ne sont pas prises en charge et sont abandonnées à la merci de la nature: « La prise en charge des victimes et survivantes des violences sexuelles, est vraiment nécessaire puisque celles-ci traversent un traumatisme. Elles doivent être assistées afin de surmonter tout ce qu’elles ont subi. Mais malheureusement, ces survivantes ne sont pas assistées », déplore Francine Evodie Ndémadé au micro du journal Oubangui Medias.

Lors de cette cérémonie qui a débuté dans la salle de la conférence du centre catholique universitaire, l’une des victimes dont nous taisons son nom a témoigné en pleurant. Elle a été doublement violée en  2014 à Bria dans la Haute-Kotto: « J’ai été violée dans un premier temps par des éléments de la Seleka ensuite j’ai passé plus d’une semaine avec des Anti-Balaka dans la brousse. Ils ont demandé de l’argent avant ma libération et durant ces quelques temps passés avec eux, ils se sont abusés de moi sexuellement malgré que j’avais un enfant de trois mois entre mes mains ».

Ce témoignage est un exemple parmi tant d’autres et illustre les atrocités dont subissent des femmes en temps de conflit.

Ce 28 novembre est le tour des élèves du lycée Marie-Jeanne Carron d’être sensibilisés sur le danger de la violence sexuelle.

Selon Dr  Earvin Isumbisho Mazambi, Directeur-pays de la Fondation Denis Mukwege en RCA, le lycée Marie-Jeanne Carron est un établissement féminin donc c’est vraiment important de sensibiliser ces dernières sur les risques et conséquences de la violence sexuelle.

Au menu de cette activité, un jeu concours a été organisé par la Fondation Denis Mukwege où des cadeaux ont été remis aux gagnantes, suivi d’un sketch organisé par les survivantes. Ce sketch met en lumière des multiples cas de viols que subissent les femmes.

Une véritable satisfaction de la proviseure de cet établissement Célestine Dozzoua.

Christian Steve SINGA