La sortie médiatique du ministre des Affaires Etrangères de la France Jean Yves Le Drian, suivie de celle de son homologue de la Centrafrique, Sylvie Baipo Temon vient mettre de l’huile sur le feu.

Un jour après, le ministre intérimaire des Affaires Etrangères, le ministre d’Etat à l’économie, Félix Moloua interpelle le diplomate français pour exprimer la protestation du gouvernement suite aux propos de Jean Yves le Drian, soutenant que les mercenaires russes ont pris en otage la fiscalité centrafricaine.  Paris réagit à nouveau pour soutenir les propos du ministre des Affaires Etrangères Le Drian et renvoie tout aux rapports de l’ONU qui évoquent la confiscation de la fiscalité, un rapport que Bangui avait botté en touche.

La tension qui avait baissé ces derniers temps reprend et cette fois-ci, on assiste à un jeu de ping pong médiatique comme à la malienne.

Suspension Ciné Bangui

Au lendemain de l’interpellation de l’ambassadeur français à Bangui, le gouvernement français décide de suspendre le projet Ciné Bangui, qui consiste à former les jeunes cinéastes centrafricains. Cette décision intervient après la vive protestation du gouvernement centrafricain suite aux propos de Jean Yves Le Drian jugés de menace, visant à infantiliser la Centrafrique. Un formateur attendu vendredi à Bangui n’a pas pu faire le déplacement.

Devons-nous attendre à des mesures diplomatiques plus fortes?

Il nous semble que le président Touadera n’est pas prêt à ouvrir un front diplomatique avec Paris, qui s’acharne à cause de la présence russe du groupe « Wagner » en Centrafrique, alors que les autorités nient la présence des « mercenaires russes » dans le pays. Paris soutient qu’il injectent 65 millions d’euros dans les divers projets en Centrafrique, ce qui équivaut à plus de 42 milliards de FCFA. Paris va-t-il prendre une décision de tout arrêter à Bangui? Certes pas car, plusieurs pays au monde observent avec grande attention l’aboutissement de cette tension diplomatique. Si Paris lâche Bangui, alors la porte sera ouverte définitivement à plusieurs autres Etats qui observent la Centrafrique, en commençant par de nombreux pays africains qui veulent promouvoir la coopération sud-sud comme le Rwanda, sans oublier la Russie dont sa présence créée des soucis à la Centrafrique. Finalement, comme chantent les artistes, « quelqu’un laisse, quelqu’un prend ».

De nombreux observateurs pensent que la Centrafrique est sur la bonne voie de sa véritable indépendance tandis que d’autres trouvent dangereux de rompre avec la France qui se présente toujours comme porte-parole de la Centrafrique auprès de la communauté internationale et des institutions de breton Wood.

Fridolin Ngoulou