L’onde de choc du conflit russo-ukrainien dépasse la frontière de ces deux pays et aussi de l’Europe. L’Afrique, dont les pays dépendent de différentes proportions du blé russe et ukrainien sont confrontés à une pénurie céréalière. Pour juguler cette pénurie et éviter une crise alimentaire drastique dans le monde, le Président français, E. Macron a présenté puis lancé lors de sa conférence de presse qui a précédé la réunion du G7, l’initiative Food and Agriculture Résilience Mission (FARM).

Il s’agit d’« un plan pour agir contre l’insécurité alimentaire mondiale qui sera une conséquence centrale de l’agression russe en Ukraine », a-t-il expliqué.

Dans cette stratégie qui vise à prévenir les risques de pénurie de céréales en Afrique qui dépend de « 30 % » du blé russe ( 3e producteur mondial ) et de l’Ukraine ( 9e producteur mondial ), le continent africain est mis à contribution et un soutien de « 595 millions de dollars » est promis aux pays pour accroître leur production céréalière.

Un programme similaire d’aide a été initié par la Banque Africaine de Développement (BAD) à hauteur de « 40 millions de dollars ».

Un programme à trois niveaux :

A court et moyen terme, il s’agira d’« élaborer un plan d’urgence commercial en instaurant un système de solidarité permettant de libérer le surplus dans les stocks de certains pays producteurs pour les répartir équitablement aux pays les plus nécessiteux »

Puis, à long terme, « anticiper le manque de production dès cet été, une aide financière sera apportée aux pays les plus dépendants pour leur permettre d’accroître leur propre production ».

La crainte de CCFD-Terre Solidaire:

 Si d’autres ont salué la démarche de la France et de l’Union Européenne, ce n’est pas le cas pour des Organisations Non Gouvernementales à l’instar de CCFD-Terre Solidaire. Dans son communiqué, l’ONG a salué l’initiative mais a estimé que la France « travaille cela avec l’Union Africaine mais plus largement, il y a nécessité à assurer une coordination onusienne via le Comité sur la Sécurité Alimentaire mondial ». Il fait observer qu’ « une crise alimentaire mondiale appelle à ce qu’on sorte d’une initiative française et que toute démarche de ce type s’inscrive dans l’espace politique onusien pertinent et dédié ».

Autre inquiétude, l’ONG met en garde le Président Macron sur le bouleversement et les risques que comporte l’initiative FARM qui pourrait prioriser les cultures d’exportation et aussi l’accaparement de terre. Des pays comme la République Centrafricaine doivent trouver-là une belle opportunité pour redynamiser leur agriculture.

Junior Max Endjigbongo