L’Observatoire Centrafricain de Justice Transitionnelle (OCA-JUSTE) a organisé un atelier deux jours du 5 au 6 Août 2024 à l’intention des femmes et des leaders de la jeunesse. Le but de l’atelier est de faciliter la participation des femmes et des jeunes au processus de justice transitionnelle en RCA.
Plus d’une trentaine de personnes ont participé à cet atelier dont l’objectif est de vulgariser le concept de JT tel que défini par la politique de justice transitionnelle de l’UA et sa Feuille de Route, puis de faire connaitre les mandats des différents mécanismes de JT aux femmes et aux jeunes ; ensuite de favoriser une appropriation nationale du processus de JT en RCA par les femmes et les jeunes.
Deux faits majeurs justifient l’importance de faire des femmes et des jeunes, non seulement des simples témoins, mais des véritables acteurs du processus de justice transitionnelle en RCA : Le premier est lié au nombre important de cette catégorie de population. En effet, la majorité de la population centrafricaine est constituée de jeunes et de femmes : les jeunes de moins de 18 ans représentent plus de 50% et les femmes font 50,2 %, pour une population estimée à 5 000 000 d’habitants. Le second est que cette frange de la population est particulièrement sollicitée par la récurrence des crises en RCA : les jeunes sont les principaux combattants ; les femmes et les filles, sont souvent victimes des violences et de certaines inégalités et injustices. Il est donc important que les femmes et les jeunes s’approprient du processus et soient pleinement impliqués dans toutes les étapes de mise en œuvre des mécanismes. Telles sont les raisons qui justifient ce projet « Femmes et Jeunes, acteurs du processus de justice transitionnelle en RCA », financé par le Fonds d’Héritage pour la Justice Transitionnelle en Afrique (ATJLF), en partenariat avec l’UE et de l’UA, et mis en œuvre par l’Observatoire Centrafricain de Justice Transitionnelle (OCA-JUSTE)
Dr. Arnaud Yaliki, président de l’observatoire Centrafricain de la justice transitionnelle donne les raisons d’être de cet atelier : » dans le cadre d’un projet intitulé femmes et jeunes, acteurs du processus de la justice transitionnelle en RCA, nous avons reçu une subvention de l’Union Européenne via l’Union Africaine qui nous a permis de réaliser cette activité de deux jours qui porte essentiellement sur la formation en justice transitionnelle. Vous savez que la RCA est constituée en majeure partie des femmes et des jeunes, malheureusement cette franche de population est beaucoup plus mobilisée par des crises que nous connaissons. Ce sont les jeunes qui sont les plus mobilisés dans les groupes armés, les femmes sont nombreuses mais elles sont souvent victimes des inégalités et des injustices. Donc il ne faut pas que les femmes et les jeunes soient les témoins de processus de paix. Il faut qu’ils soient des acteurs, qu’ils doivent être impliqués à toutes les étapes du processus de justice transitionnelle, de réparation, de vérité mais aussi les réformes institutionnelles qui seront envisagées pour corriger les inégalités et les injustices doivent être sensibles aux droits des femmes et des jeunes ».
Il a indiqué qu’après ces deux jours d’atelier, les participant-e-s doivent être en mesure de connaitre la notion de justice transitionnelle en général, et sa contextualisation en Afrique en particulier et de s’approprier du processus de JT en RCA, avec une meilleure connaissance des mécanismes.
Milca Bissidi

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