La République centrafricaine (RCA) et la République démocratique du Congo (RDC) franchissent un nouveau cap dans leur coopération sécuritaire. Lundi 11 mai 2026 à Bangui, les deux pays ont officialisé un accord stratégique destiné à intensifier la lutte contre les groupes armés actifs le long de leur frontière commune, une zone régulièrement en proie à l’insécurité.

Paraphé par les ministres de la Défense Rameaux Claude Bireau pour la RCA et Guy Kabombo Muadiamvita pour la RDC, cet accord intervient à l’issue de deux jours d’échanges entre experts sécuritaires. Ces discussions ont permis d’identifier des réponses concertées face à des menaces persistantes qui fragilisent les populations vivant dans les zones frontalières.

Au cœur de cet engagement figure la volonté de neutraliser les éléments de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), mais aussi certains groupes d’éleveurs armés Mbororo, souvent accusés d’exactions et de violences dans ces régions reculées.

Pour y parvenir, les deux États misent sur un renforcement significatif de leur coopération opérationnelle. Parmi les mesures phares, la mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination pour le partage en temps réel des renseignements devrait permettre d’anticiper et de mieux contrer les mouvements des groupes armés. À cela s’ajoutent le renforcement des patrouilles mixtes et une surveillance accrue des frontières.

Au-delà de l’aspect strictement sécuritaire, l’accord prévoit également la relance de la commission mixte bilatérale. Cette structure aura pour mission de traiter des questions sensibles telles que les différends fonciers et la délimitation de la frontière, souvent à l’origine de tensions entre communautés locales.

À travers cette initiative, Bangui et Kinshasa affichent une volonté commune de dépasser les approches isolées pour privilégier une réponse coordonnée et durable aux défis sécuritaires. Dans un contexte régional marqué par la circulation des groupes armés et des armes, cette coopération apparaît comme un levier essentiel pour restaurer l’autorité de l’État et garantir la sécurité des populations.

Cet accord marque ainsi une avancée majeure dans les relations entre les deux pays, qui entendent désormais parler d’une seule voix face aux menaces transfrontalières.

Charlemagne Nzembe