Depuis le 07 juillet, le rapport d’International Crisis Group (ICG) intitulé « Le rôle croissant du Rwanda en République centrafricaine », le groupe de recherche n’a pas manqué de faire remarquer la montée en puissance de l’influence rwandaise dans le pays.

En rappelant l’historique de la présence militaire de Kigali en RCA qui a débuté en 2013 d’abord au sein de la MINUSCA jusqu’à atteindre 2000 soldats et policiers en 2022, il était le principal contributeur de Casques bleus de la mission onusienne.

Puis, cette présence s’est renforcée en 2020 avec le déploiement des militaires pour combattre les troupes de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) qui menaçaient le fauteuil présidentiel de Touadéra.

Outre le partenariat militaire, Paul Kagamé aide la République Centrafricaine à reformer son Armée en lui prodiguant conseils et assurer la fourniture d’équipements et des unités de combats.

Mais derrière tout cela, il y a du business.

Des hommes d’affaires rwandais se sont installés à Bangui et exploitent les mines dans plusieurs localités du pays suite à des accords économiques, a rapporté International Crisis Group. « L’investissement dans l’extraction des richesses minières de la Centrafrique aide d’une part à compenser le manque de ressources naturelles du Rwanda et permet de couvrir les coûts de l’intervention militaire de l’autre », a souligné le rapport.

Aussi, la présence des investisseurs rwandais est remarquable dans l’agroalimentaire, le transport, la restauration, l’hôtellerie, l’immobilier et les infrastructures publiques.

Certaines de ces entreprises appartiennent à Crystal Ventures et Afrika Oko. « Mais les activités du Rwanda en RCA comportent également des risques. Ces risques sont notamment liés à l’imposant voisin du sud de la RCA, la RDC. Le gouvernement congolais ne décolère pas contre le Rwanda pour avoir, entre autres, soutenu les rebelles du M23 qui font des ravages dans l’Est de la RDC », lit-on dans le document.

Pareillement aussi, International Crisis Group craint que l’exploitation des mines par le Rwanda puisse créer des malentendus avec le Groupe Wagner, « un grand partenaire sécuritaire de la RCA » et qui est aussi dans le secteur minier.

Même si cette rivalité ne dit pas encore son nom, International Crisis Group accuse Wagner de financer une campagne anti-rwandaise dans les médias.

Le rapport conseil au Rwanda de « concentrer ses efforts en RCA sur la pacification plutôt que sur les intérêts économiques ».

Rwandais ou Group Wagner, les autorités centrafricaines ont toujours prôné dans leurs déclarations la diversification des partenaires économiques.

Junior Max Endjigbongo