Au cours d’une conférence de presse la semaine dernière relative à la présentation de ses activités à mi-parcours, le président du Comité d’Organisation du Dialogue Républicain Obed Namsio, a été très clair quant aux critères de la participation des forces vives de la Nation à ces pourparlers inter-centrafricains.

A cet effet, le président dudit comité a saisi cette opportunité pour faire la lumière sur les missions assimilées au CODR : « préparer le Dialogue qui se veut, à n’en point douter, un espace patriotique réunissant les forces vives de la Nation en vue d’examiner les grandes questions qui se posent au pays et de réunir tous les Centrafricains autour d’un même idéal à savoir : Bâtir ensemble la République Centrafricaine dans la paix et l’unité nationale ».

Obed Namsio, président du CODR a été très clair sur les critères de la participation à ce Dialogue République : « Le Dialogue République est réservé à ceux qui reconnaissent le suffrage universel comme seule source de la légitimité du pouvoir politique ; ceux qui sont conscients que la tolérance, l’inclusion, la concertation et le dialogue constituent le socle de la paix et de l’unité nationale ; ceux qui sont convaincus que seul un Etat de droit peut garantir la protection des droits de l’homme… »

Cependant, tous ceux qui s’éloignent de la Constitution du 30 mars 2016 et qui ont opté pour les armes doivent choisir leur camp entre l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine (APPR-RCA) et la Feuille de Route conjointe de Luanda du 16 septembre 2021. C’est ainsi que le président du CODR a tenu à faire la distinction entre ces instruments de paix.

L’APPR-RCA est réservé aux groupes armés signataires. Ceux qui ont rejoint la CPC sont invités à le réintégrer, sous certaines conditions. Le Dialogue Républicain est réservé aux forces vives de la Nation, en d’autres termes, à tous ceux qui sont attachés aux principes de la République. La Feuille de Route de Luanda qui est l’initiative des pays membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) vise à traiter les cas de ceux qui ne sont pas signataires de l’APPR-RCA, à l’exemple de l’ancien président François Bozizé, des éléments des Forces de défense et de sécurité (encore en activité et/ou retraités) qui ont rejoint la CPC.

Par ailleurs, il est important que le peuple centrafricain comprenne que la République Centrafricaine est un pays dont tous les Centrafricains sans distinction aucune, ont en partage.  Si la paix et la sécurité de la nation est en danger, il est judicieux que les filles et fils du pays unissent leurs efforts, regardent dans la même direction, laissent de côté leur appartenance politique, religieuse, ethnique et sociale en vue de contribuer, chacun à sa manière au retour définitif de ces valeurs républicaines que la République Centrafricaine est en quête depuis plusieurs années. Que ce qui unit les Centrafricains soit plus fort que ce qui les divise.

Le CODR  a retenu 450 personnes, reparties entre les forces vives de la Nation pour participer à ce Dialogue Républicain et également 6 thématiques sont retenues à savoir : Paix et Sécurité ; Bonne Gouvernance, Justice, Etat de droit, Renforcement démocratique et institutionnel ; Amélioration des services sociaux de base, Jeunesse et Sports ; Développement économique et social ; Diplomatie et Coopération internationale ; Mise en œuvre et suivi des Recommandations.

Le peuple centrafricain espère que si ces 450 personnes respectent la Constitution du pays et les valeurs républicaines, et d’ailleurs, ce qui a même favorisé leur participation au Dialogue, sont aussi à même de trouver des solutions idoines à cette énième crise militaro-politique dans le pays, le pays retrouvera le chemin véritable de la paix. Les participants au Dialogue Républicain auront 7 jours pour avoir des échanges fructueux et contradictoires mais surtout constructifs dans l’objectif des solutions adéquates aux véritables problèmes centrafricains de l’heure.

Joseph Nzah