La Centrafrique a lancé en 2020 le projet de mécanisation de l’agriculture. Ce programme financé par l’Union Européenne a entamé en 2022 une phase décisive et pourra en cette année 2023 commencer à enregistrer les résultats escomptés.

La relance de l’agriculture, de l’aviculture et le renforcement du dialogue public et privé au travers du Programme d’Appui à la Promotion de l’Entrepreneuriat en milieu Rural (PAPEUR-R), évalué à plus de 7 milliards de FCFA est à sa troisième année. Ce programme misen œuvre par le Centre pour le commerce international et financé par l’Union Européenne via le Fonds Bekou jette les bases de la mécanisation de l’agriculture, du développement de la filière volaille notamment en milieu rural et de  l’amélioration du climat des affaires dans les préfectures de Bangui, de l’Ombella-Mpoko, de la Kémo et de la Lobaye.

Le programme s’inscrit dans le cadre du relèvement économique et social et de la relance des secteurs productifs des filières maïs, palmier à huile avec une interaction de production compétitive ; l’objectif à terme étant aussi de réduire le coût des denrées alimentaires sur le marché local.

L’agriculture mécanisée mise en marche

La sensibilisation des communautés puis l’achat de dix (10) tracteurs agricoles, d’un (1) bulldozer et de leurs accessoires par le PAPEUR_Rural ont permis d’appuyer en 2022  six coopératives agricoles qui avaient été préalablement formées et structurées en partenariat avec la chambre d’agriculture.

En début de saison agricole le PAPEUR rural  s’était fixé pour objectif en 2022, de cultiver 600 ha de maïs mais la crise de carburant déclenchée dans le pays dès le début de l’année 2022 n’a pas permis d’atteindre le seuil fixé. Cependant, ce programme a pu soutenir la culture de près de 200 ha de maïs

L’exploit mitigé de l’aviculture

Au cours de ces deux dernières années dans le domaine de l’aviculture et en lien avec la Fédération des Eleveurs Centrafricains (FNEC), le PAPEUR_R a amorcé un certain nombre d’actions en faveur du développement du secteur de l’élevage.

Ainsi le PAPEUR_R a appuyé l’ONG Elevage Pour Tous dans la production de poussins d’un jour en fournissant 10.000 œufs fécondés destinés à constituer le fond de roulement de la Coopérative des aviculteurs de Bangui, Bimbo et Begoua (COOPAV3B)qui regroupe des aviculteurs des trois localités et qui a vocation à offrir certains services et facilités ; favorisant la production en masse des poulets de chairs pour que les Centrafricains puissent consommer le poulet produit localement à un prix compétitif.

Quid du renforcement du dialogue public privé  ?

Pour soutenir le relèvement économique et la relance des secteurs productifs en milieu rural, deux études portées sur le diagnostic du mécanisme consultatif public-privé et l’évaluation du climat des affaires et de l’environnement des investissements en RCA réalisées  pour le Centre pour le commerce international (ITC) ont révélé de manière spécifique que le renforcement du mécanisme de dialogue public-privé est important pour la promotion de règles claires, transparentes et équitables en faveur des investissements et le développement du secteur privé, en particulier, les PME/PMI dans les chaines de valeurs agricoles, des filières maïs, palmier à huile et volaille. 

Ces études ont contribué autant soit peu aux réflexions qui ont alimenté le plan d’action triennal du Cadre Mixte de Concertation pour l’Amélioration du Climat des Affaires (CMCAA) qui constitue l’épine dorsale du mécanisme consultatif public-privé.

L’agriculture en Centrafrique demeure vivrière et faiblement tournée vers l’exportation alors que le potentiel agricole est de 15 millions d’hectares de terres arables dont seulement environ 800.000 hectares (ha) sont cultivés chaque année correspondant à 5,3 % du total et moins de 0,5 ha exploité en moyenne par actif agricole.

L’amorce de la mécanisation agricole et de la promotion de la transformation des produits agricoles ne peuvent que donner un résultat probant notamment en ce qui concerne les filières ciblées par le PAPEUR-rural car les agriculteurs verront leur pouvoir d’achat augmenté grâce à la vente des surplus de leur production générée par l’accroissement de leur productivités.

Le chef de l’État Faustin Archange Touadera, lors de son message de vœux à la Nation, a précisé qu’en 2023, les réformes institutionnelles seront poursuivies pour garantir l’efficacité et la proximité des services agricoles désormais appelés à travailler à la professionnalisation des agriculteurs sous le leadership de la Chambre d’Agriculture et du Tourisme en pleine mutation. Ceci est un message fort qui accompagnera les réformes de ce secteur, vecteur important pour le développement et pourvoyeur des richesses.

Zarambaud Mamadou