L’Association des Victimes de Kokoro (ASVI) a réuni tous ses membres le samedi 09 septembre au domicile du chef du quartier Kokoro 3 dans le but de demander plus de preuve après un appel de la Cour Pénale Spéciale (CPS). Oubangui Médias a pu avoir des impressions de certaines victimes.
Plus de 400 dossiers sont déjà enregistrés avec des preuves, des images des cas d’incendie des maisons d’habitations entre 2014-2015 dans le 3ème arrondissement de Bangui. Les victimes demandent une réparation de leurs biens perdus lors de cette crise. Pour elles, depuis belle lurette, des démarches ont été entreprises mais n’ont abouti à rien. Ladite association a relancé cette demande suite à un appel de la Cour Pénale Spéciale, une juridiction mixte sensée jugée des crimes les plus graves dans le pays.
Raphaël, Président intérimaire de l’Association des victimes et agent conseillé économique de l’ASVI nous en parle: « Au pic de la crise en 2014-2015, beaucoup de centrafricains ont perdu leurs biens dans le 3e arrondissement de Bangui, ce qui a occasionné des déplacements du bon nombre des habitants de ce secteur. Après un appel aux preuves de la CPS, nous invitons toutes les victimes à nous amener leurs dossiers afin d’acheminer à la CPS», lance-t-il.
Emmanuel, secrétaire général adjoint de cette association déplore les conditions de vie de ces dernières : « C’est avec tristesse que je prends la parole. Après les évènements, on attendait le soutien des autorités du pays mais cette attente demeure sans succès. Nous n’avons reçu aucune aide même pas pour nous aider à constituer le dossier. Notre regard se tourne vers le ministère de la Réconciliation Nationale et de l’Action Humanitaire dans cette situation que nous traversons ».
Hervé Wilibia l’une des victimes témoigne : « A l’époque de la coalition Seleka, beaucoup des habitants du 3ème arrondissement plus précisément du quartier Fatima étaient touchés par les cas d’assassinat, d’incendie des maisons, de pillage partout dans le secteur. On a eu à identifier ces victimes déjà 2 fois. La 1ère fois, c’était l’association des victimes et la 2ème fois c’est l’abbé Giovanni de l’église catholique de Fatima. Malheureusement, nous n’avons reçu aucune aide venant de qui que ce soit. Moi-même, ma maison a été incendiée, j’ai tout perdu. Cette fois ci, nous demandons à la CPS de nous aider dans la procédure afin de faciliter notre sortie de cette crise ».
Solange demande plutôt que la justice soit faite en leur faveur car depuis la crise, elle n’a rien reçu comme réparation. Elle ne cache pas son mécontentement : « J’ai tout perdu à l’arrivée de ces criminels qui ont attaqué notre quartier. Ma maison a été incendiée et je ne sais quoi faire. Je demande à la CPS de mettre la main sur ces bandits afin que nous puissions trouver gain de cause », explique-t-elle.
Les victimes de cette association ont les yeux tournés vers la CPS pour rendre justice sur cette affaire et penser à une éventuelle réparation.
Depuis sa création en 2015, cette Cour hybride n’a jugé qu’une seule affaire.
Josée Kounda Gboumbi/

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