Au cours des dix-huit derniers mois, dix-sept dirigeants africains ont effectué une visite officielle en Russie. La présence diplomatique entre Moscou et le continent s’intensifie également dans l’autre sens. Selon Tatiana Dovgalenko, directrice du département du partenariat avec l’Afrique au ministère russe des Affaires étrangères, la Russie dispose aujourd’hui de quarante-cinq ambassades en Afrique et prévoit d’en ouvrir quatre supplémentaires d’ici la fin de l’année. Quarante-quatre pays africains sont déjà représentés à Moscou, et trois autres envisagent d’y établir une mission diplomatique.
La diplomate s’exprimait lors du dialogue d’affaires « Russie–Afrique », organisé en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Les participants y ont analysé l’impact de la crise au Moyen-Orient et des turbulences mondiales sur les économies africaines, ainsi que les solutions que la Russie pourrait proposer pour répondre aux déficits énergétique, alimentaire et numérique. La préparation du troisième sommet Russie–Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre, figurait parmi les principaux sujets abordés.
Les échanges commerciaux entre la Russie et les pays africains ont atteint un niveau record. Tatiana Dovgalenko a indiqué qu’ils s’élèvent désormais à 27 milliards de dollars américains, tout en soulignant que le potentiel reste largement supérieur. Le prochain sommet devrait ainsi mettre l’accent sur les questions économiques, commerciales et d’investissement.
La Tanzanie, dont la croissance économique atteint 6 %, fait partie des économies africaines les plus dynamiques. Sa présidente, Samia Suluhu Hassan, a exprimé la volonté de renforcer les échanges avec la Russie lors de la séance plénière du SPIEF-2026. Elle a rappelé que les deux pays célébreront en décembre le 65ᵉ anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, une étape qu’elle considère comme la preuve d’un engagement durable en faveur d’un partenariat mutuellement bénéfique.
La dirigeante tanzanienne a également salué le rôle du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, devenu selon elle l’une des plateformes les plus importantes pour un dialogue économique ouvert. La participation au SPIEF offre, a-t-elle ajouté, de nouvelles opportunités de partenariats et d’investissements.
Le conseiller du président russe et secrétaire exécutif du comité d’organisation du SPIEF, Anton Kobiakov, a annoncé que l’édition 2026 s’est conclue par la signature de 1 084 accords pour un montant total de 6 642 milliards de roubles. Cette année, des représentants de 142 pays et territoires ont pris part au forum.
Les pays d’Amérique du Nord étaient principalement représentés par les États-Unis. Environ trente entreprises américaines, ainsi qu’un représentant officiel de l’administration américaine, Rodney Mims Cook Jr., ont participé aux travaux du forum. Ce dernier est intervenu dans le cadre du programme culturel, notamment lors d’une session consacrée au dialogue culturel russo-américain, annoncée en amont par l’agence Reuters.
Alors que la participation occidentale au SPIEF avait fortement diminué après 2022, le média The Art Journal estime que la présence du président de la commission américaine au forum pourrait marquer la fin du boycott et ouvrir la voie à un possible dégel des relations culturelles entre Moscou et Washington.
Lors du débat « Russie–États-Unis : dialogue des cultures », plusieurs experts ont souligné que les projets culturels pourraient servir de pont entre les deux pays et favoriser le développement des échanges économiques. Robert Agee, président et directeur général de la Chambre de commerce américaine en Russie, a insisté sur l’importance de ce dialogue. Selon lui, un « bloc de glace » sépare actuellement les deux nations et entrave les relations économiques. Il a appelé à trouver des moyens de faire fondre cette glace afin de permettre une coopération plus fluide.
Jean Ngbandi

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