Dans le but de renforcer le contrôle de la rage animale en République centrafricaine, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé le projet TCP/CAF4103, financé à hauteur de 172 000 dollars américains, soit plus de 98,5 millions de francs CFA. Prévu pour une durée de 12 à 18 mois, ce projet a été officiellement lancé le vendredi 3 juillet 2026 à Bangui.

Dans un contexte où la rage, une maladie zoonotique, touche aussi bien les animaux que les êtres humains, une réponse coordonnée s’avère urgente. Chaque année, des Centrafricains, notamment des enfants, succombent à cette maladie qui demeure un véritable problème de santé publique.

En 2025, le pays a enregistré plus de 2 156 cas de morsures de chiens, dont cinq décès humains signalés dans les préfectures de Paoua, Batangafo, Kabo, Bozoum, Bossembélé et la Vakaga. Selon les experts en santé vétérinaire, cette situation s’explique par la faible connaissance de la maladie au sein de la population, l’insuffisance des ressources consacrées à sa lutte, ainsi que les contraintes socio-économiques qui limitent les actions de contrôle, notamment dans les communautés rurales.

À travers ce financement de plus de 98,5 millions de francs CFA, la FAO, aux côtés du gouvernement et de ses partenaires, entend apporter une réponse structurée, ciblée et durable afin de lutter efficacement contre la rage animale, protéger les populations et renforcer les actions nationales en faveur de la santé animale. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’appui de la FAO au renforcement des services vétérinaires, de la surveillance épidémiologique, de la sensibilisation communautaire et de la coordination multisectorielle.

« Nos actions s’articuleront autour de quatre produits fondamentaux que vous découvrirez au cours de mon intervention. Grâce à ce projet, les agents de santé animale seront solidement formés pour détecter, isoler et prélever les animaux suspects conformément aux normes internationales et aux bonnes pratiques. Ledit projet contribuera également à améliorer les circuits de transmission de l’information », a déclaré le représentant de la FAO lors de la cérémonie.

La rage figure parmi les maladies zoonotiques les plus meurtrières au monde.

En République centrafricaine, la rage demeure une priorité pour le ministère de l’Élevage et de la Santé animale. « Nous voulons, conformément aux normes de la FAO et de l’Organisation mondiale de la santé animale, éradiquer la rage d’ici à 2030 sur toute l’étendue du territoire national. Ce projet, qui s’étendra sur une période de 12 à 18 mois, nous permettra de poursuivre sans relâche la lutte jusqu’à ce que ce fléau n’ait plus sa place en République centrafricaine », a déclaré Thierry Kouzou-Kendé, directeur national des Services vétérinaires au ministère de l’Élevage et de la Santé animale.

Ce projet contribuera également à améliorer les circuits de transmission de l’information et à mettre en place un système de référencement fonctionnel afin qu’aucun animal suspect ne soit négligé et que leur prise en charge tienne compte des exigences sanitaires et environnementales.

Héritier Pappus BVIII