Si les aires protégées appelées encore les parcs sont des patrimoines nationaux voire internationaux, en Centrafrique, le secteur se confronte largement au phénomène de braconnage. Considéré comme le dangereux fléau qui impacte négativement sur la gestion saine de ces aires protégées, le braconnage est malheureusement fréquent malgré la sécurisation de ces zones assurée par les éco-gardes appelés encore des pisteurs.

Si un proverbe dit je cite : « 90 jours pour le voleur et un jour pour le propriétaire », cela s’est réalisé sur trois malheureux braconniers qui sont tous des centrafricains, natifs de Kabo. Armés de fusil de chasse, des filets et de fil de fer, ces derniers ont quitté leur localité de plus de 100 kilomètres pour chasser dans le parc de Bamingui. C’est ainsi qu’ils ont été appréhendés et arrêtés le mercredi 09 février 2022 par les éco-gardes de WCS qui patrouillent dans la zone et transférés au commissariat de Ndelé le samedi dernier.

Il s’agit d’Apollinaire Kouranodjo âgé d’une quarantaine d’année, son fils de 22 ans Gervais Degotto et son cousin Rock Kossi-Banda âgé d’une trentaine d’année. « Nous reconnaissons avoir chassés dans le parc au bord de la rivière Bamingui. C’est dans l’ignorance que nous avions franchi la zone interdite car nous ne connaissions pas la limite de la zone interdite à la chasse », a témoigné   Apollinaire Kouranodjo, le plus âgé de l’équipe.

Désormais dans les locaux de la police de Ndelé, ces derniers regrettent amèrement leur forfait et tentent de se justifier par la voix de Apollinaire Kouranodjo: « Nous sommes des agriculteurs mais les multiples crises et l’insécurité dans nos régions ont fait que nous avions perdu nos réserves agricoles et nous n’arrivons pas à cultiver. C’est ainsi que nous avions décidé de faire la chasse et la pèche afin de nourrir nos familles car nous sommes tous des pères de foyer». 

Dans la désolation, ils disent avoir compris la leçon et ne vont plus refaire cette infraction. Une affirmation mise en doute par le lieutenant de police Cyriaque Maximin Guimet, commissaire par intérim au poste de police de la ville de Ndelé qui explique que : « Nous enregistrons plusieurs cas des braconniers attrapés qui chantent le même refrain. Mais une fois relâchés, ils vont recommencer, ce sont des récidivistes. Dans ce cas de figure, nous allons prendre au trop deux semaines pour acheminer leur procès-verbal et procéder à leur procès en présence de l’équipe de WCS qui est l’organisation chargée d’assurer la gestion du complexe des aires protégées du Nord-Est. C’est ainsi que nous déciderons de les relâcher, les condamner avec sursis ou les déférer en les transférant  dans leur localité à Kabo ».

 A en croire le lieutenant de police Cyriaque Maximin Guimet, s’ils étaient attrapés avec les armes de guerre comme les kalachnikovs, ils seraient transférés à Bangui mais comme tel n’est pas le cas, nous allons faire la procédure surplace à Ndelé.

Rappelons que le parc de Manovo-Gonda Saint Floris au Nord-Est de la République centrafricaine est déclarée patrimoine de l’Unesco grâce à sa faune et sa flore qui gardent toujours leurs vertus malgré le braconnage et la transhumance mal organisée par certains éleveurs qui refusent de respecter leur couloir. Devant cette situation, le WCS est appelé à multiplier le contrôle afin de remédier à ce fléau.

Brice Ledoux Saramalet en mission de reportage à Ndelé pour le compte de Oubangui Médias