Depuis presque trois ans, un conflit opposant l’Office National de Promotion et de Gestion des Infrastructures Sportives Publiques (ONASPORTS) à l’Espace Culturel Missy Momo, installé dans l’enceinte du stade 20.000 places. Déjà devant la justice, l’ONASPORTS somme à nouveau Missy Momo à déguerpir, celui-ci riposte et le ministère de l’Urbanisme pointé du doigt comme ayant créé « ce bras de fer ».
Le Directeur Général de l’ONASPORTS Hervé Séverin Lidamon a adressé une note le 22 janvier dernier à Armand Touaboye propriétaire de l’espace culturel Missy Momo, annonçant la délocalisation de cet espace dans 72h. Cette note réclame la propriété de l’Etat occupée par ce dernier. Suite à cela, Armand Touaboy depuis Paris organise un point de presse via Whatsapp avec les professionnels des médias le 1er février 2024 pour les situer sur cette affaire qui ne date pas d’ailleurs d’aujourd’hui.
Suite à la note annonçant la délocalisation des occupants illégaux de l’espace du stade 20 milles places à Bangui, signée par le DG Lidamon, Armand Touaboye propriétaire de l’espace culturel Missy Momo dans ce local est mécontent et présente des documents signés entre lui et Madame Nicole Koe, ministre de l’urbanisme le 19 novembre 2021, des notes qui l’autorisent à jouir de cet espace de plein droit.
Armand Touaboy s’exprime en ces termes : « Vue la note du DG de l’ONASPORTS, on a déjà eu plusieurs fois et ce n’est pas la première fois, on a déjà été plusieurs fois à la justice. Mais, s’il est quelqu’un qui est responsable, pourquoi n’a –t-il pas laissé la justice faire son travail et pourquoi il n’a pas respecté la décision de la justice ? C’est mieux de retourner à la justice. S’il pense que je suis en train de violer la loi qu’il retourne à la justice, là c’est lui qui est en train de violer la loi. Par ce que la justice a donné le verdict qui est en faveur du centre culturel Missy Momo. Cet espace a un contrat avec le gouvernement centrafricain représenté par Madame Nicole Koe qui est ministre de l’urbanisme. Si le DG pense que ces documents ne sont pas valables, il devrait retourner à la justice ou se plaindre auprès de l’urbanisme, mais nous on est juste une association, je ne vois pas pourquoi le DG s’acharne contre nous depuis des années comme ça».
Le Directeur Général de l’ONASPORTS Hervé Séverin Lindamon réplique samedi dernier au micro de la Radio Ndeke Luka. Pour ce dernier, il y a une notification du conseil des ministres qui demande à ce qu’il puisse annuler tous ces documents. Donc l’espace occupé est celui de l’Etat et l’’ONASPORTS détient un titre foncier. « Ce domaine-là est classé patrimoine public et que tous ceux qui veulent rentrer dans cette espace doivent passer sous l’instruction du ministère chargé de la promotion de la jeunesse à travers l’ONASPORTS. L’administration a ses règles et nous devons respecter et quand un domaine est classé patrimoine public on ne peut pas donner un mètre carré à titre gratuit à un individu ni à une organisation », précise le Directeur Général de l’ONASPORTS.
«Nous sommes en train de faire un travail très important qui consiste à la réhabilitation du complexe sportif 20 milles places. Cet espace, l’Etat a affecté 24 hectares à la jeunesse pour l’activité du sport. Et malheureusement certains centrafricains malintentionnés comme celui de Missy Momo sont venus occuper des espaces et cherchent à établir des titres fonciers en leurs noms pour que ce domaine qui est attribué à la jeunesse devienne leurs propriétés privées. Certains ont pris le titre foncier de l’entrepôt du stade d’autres ont pris les espaces par-ci par-là et ils exploitent dans leurs intérêts. C’est la raison pour laquelle nous voulons procéder à la réhabilitation et tous les occupants illégaux doivent partir. Ceux qui se sont installés de manière anarchique, on doit les faire partir par exemple le cas Missi Momo vous allez lui poser la question comment est-ce qu’il a fait pour occuper cette espace».
Des réactions à ce conflit
En effet, certains cadres du ministère de la jeunesse accusent la ministre de l’urbanisme de créer ce désordre. « La zone du stade est une propriété du ministère de la jeunesse, gérée par l’Omnisport. Cette zone est bien clôturée. Comment un ministre de l’Urbanisme peut-il venir attribuer un espace appartenant à un autre ministère qi détient un titre foncier, à un individu qui se réclame propriétaire à vie ? Voilà là où est né ce désordre. Si le gouvernement ne gère pas bien, les jeunes qu’on brade leurs biens seront obligés de prendre leurs responsabilités », a expliqué d’un ton ferme ce cadre de la jeunesse.
« Quelqu’un ne peut pas venir chez toi, couper un espace de ton terrain, donner gratuitement et à vie à quelqu’un. Voilà l’illustration de ce que le ministère de l’urbanisme a fait. D’ailleurs, le propriétaire de cet espace avait des problèmes avec la Mairie de Bangui car, il avait occupé un jardin public. Déguerpi, il s’installe au stade puis, occupe un autre terrain litigieux, appartenant à la sous-préfecture de Bimbo. Pourquoi son association ne cherche-t-il pas à louer un endroit privé ou acheter que de s’installer sur les domaines de l’Etat ? », s’interroge ce cadre.
Pour un artiste qui n’a pas souhaité dévoilé son nom, il s’agit d’un acharnement contre le propriétaire de Missy Momo « C’est trop cet acharnement. Pourquoi on ne s’en prend pas aux autres qui ont occupé des espaces dans le stade ? Le dispose ne dispose pas d’un centre culturel et celui d’Armand nous aide pour nos prestations. Nous sommes des jeunes », dit-t-il.
Cette affaire nécessite un arbitrage une fois de plus du conseil des ministres, en examinant des prêts les intérêts des uns et des autres.
Dorcas Bangui Yabanga/Fridolin Ngoulou

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