L’université de Bangui est paralysée depuis plus d’un mois avec la grève des enseignants du supérieur. Ils viennent de déclarer une phase illimitée de leur mouvement de grève.

Depuis le 23 novembre 2021, le Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur (SYNAES), en suivant la procédure normale a entamé une série de grève de 3 jours, puis 8,  21 avant de déclarer une grève illimitée ce lundi 03 janvier 2022.

A l’entame de cette grève, le SYNAES revendiquait la réglementation de salaire des enseignants du supérieur conformément à leur statut particulier dont le décret d’application est attendu. Et, la nomination d’un nouveau recteur puisque le Professeur Jean-Laurent Sissa Magalé, le Recteur de l’Université de Bangui est nommé depuis six mois ministre de l’enseignement supérieur. Ce dernier n’est toujours  pas remplacé et cumule les deux postes.

Ensuite, le combat est devenu mélangé car les enseignants vacataires en instance d’intégration sont entrés dans la danse pour revendiquer leur intégration dans le corps des enseignants du supérieur.  Plusieurs négociations ont vu le jour entre le SYNAES et les autorités politiques du pays. Dommage, ces discussions ont accouché d’une souris.

Contacté par Oubangui Médias pour avoir plus de précision sur leur rencontre avec les autorités et les positions de leur Assemblée Générale, Eddy Romuald Wodé Palem, Secrétaire Général du SYNAES se dit indisponible pour le moment.

Mais, le décret d’application de leur statut attendu depuis 2008 est le point central de cette grève, malgré la rencontre que le SYNAES avait eue le 22 décembre 2021 avec le chef du gouvernement Henri-Marie Dondra.

Des étudiants soutiennent leurs enseignants

Il y a quelques jours, voyant que la situation perdure et impacte négativement sur le calendrier universitaire, les étudiants qui ne savent à quel saint se vouer ont décidé de manifester leur mécontentement le 09 décembre dernier en termes de soutien à leurs enseignants. Car, selon les étudiants, ils sont pris en otage du moment où cette grève qui s’étend comme une trainée de poudre à des conséquences négatives sur les activités pédagogiques.

Comme une goutte d’eau qui vient déborder le vase, cette grève va encore clouer sur la croix la qualité de l’enseignement et le niveau d’étude des étudiants. Perdant ainsi ses lettres de noblesses, il est difficile de songer à un avenir brillant de la république parce que le pays ne pense pas à s’investir dans ce domaine qui est le vecteur d’un capital humain qualifié.

L’éducation, une priorité nationale ?

« Pour détruire un pays, il faut détruire son système éducatif ». Cette célèbre citation chinoise trouve pleinement son sens dans le contexte centrafricain. Du moment où l’on ne cesse de jeter la pierre sur le système éducatif en République centrafricaine et le niveau universitaire des étudiants, la situation est loin d’être résolue et ne fait que s’empirer. Plusieurs faits dont la dernière en date est la grève des enseignants du supérieur justifient cette triste réalité.

« Pour moi un pays qui est riche, c’est un pays qui a du capital intellectuel. Je n’ai jamais vu un pays réussir économiquement en négligeant d’investir dans l’éducation », dixit l’homme politique ivoirien Tidjane Thiam.

Malheureusement,  alors que le pays est dirigé par des professeurs d’Universités à savoir le Chef de l’Etat, le Professeur Faustin Archange Touadera et Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée Nationale, l’enseignement supérieur  a encore du pain sur la planche.

Tout d’abord, comment peut-on croire que jusqu’en 2022, le pays ne dispose que d’une seule université publique ? Ce qui est illogique pour un territoire de 623 000 Km2 dont l’effectif des étudiants dépasse 30 milles. En outre, les multiples grèves des enseignants et des enseignés paralysent régulièrement le déroulement des cours au sein des facultés universitaires.

Cependant, les questions qui nous brûlent les lèvres sont les suivantes : Pourquoi et comment, les autorités nationales n’arrivent pas à gérer l’unique université publique du pays ? Pensent-elles à l’avenir de ce pays ? L’enseignement supérieur et les recherches scientifiques sont-ils une priorité pour ce pays ?

En attendant, la vie des étudiants centrafricains est en danger car, rattraper tout ce retard vaudra une année blanche dans le cursus universitaire de chaque étudiant.

Brice Ledoux Saramalet