Après une première manifestation jeudi 5 janvier 2023, les conducteurs de mototaxis ont exprimé cette fois-ci un ras-le-bol qui a contraint les forces de la gendarmerie mobile installées à Nzila à la sortie sud de Bangui de déguerpir.

En effet, sur cette barrière jugée illégale par les riverains et conducteurs de mototaxis, la gendarmerie prélève sur une moto 2.000 FCFA sur chaque moto de commerce, confondant parfois mototaxis aux motos personnelles.

Profitant des mesures drastiques prises par le ministère de la sécurité publique en 2021 à la suite des incursions des rebelles dans la capitale, ces forces qui prélevaient sur cette barrière 500 FCFA ont augmenté les prix à 2.000 FCFA. La population habitant ces zones jusqu’à Samba (17 km) ont payé une lourde tribu à cause de la rareté des mototaxis sur cette route ainsi qu’à l’augmentation des frais de transports à causes du coût de « formalité » qui est de 2.000 FCFA.

Deux jours après l’augmentation du prix de carburant dont le super passe à 1.300 FCFA, le syndicat des mototaxis a plaidé auprès des autorités pour la levée totale des barrières notamment celle de Nzila, située juste à 11 Km du point zéro de Bangui. Malgré cela, les éléments de la gendarmerie ont durci leurs positions.

« S’ils te demandent de payer les 2.000 FCFA et que tu parles de l’augmentation du prix de carburant, ils saisissent automatiquement ta moto et te sortent une quittance de 15.000 FCFA. C’est quand quelqu’un est en infraction qu’on lui demande de payer les frais de formalité et de la quittance. Nous avons dit non jeudi 5 janvier lors d’un sit-in. Arrivée ce samedi, ils ont repris la même pratique. C’est pourquoi nous avons manifesté pour barricader la route et demander leur départ. On ne veut plus d’eux ici car ils ne sont pas là pour la sécurité mais juste pour nous racketter », a souligné Gilbert, un conducteur de mototaxis qui affirme souffert de leur pratique depuis 2018.

La population riveraine qui a appuyé la manifestation des mototaxis dit avoir été prise en otage par ces forces de la gendarmerie car, « à cause de leurs pratiques, les transports en commun se font rare et les prix ne cessent de grimper ».

Ces forces de la gendarmerie retrouvées sur les lieux peu avant leur départ précipité n’ont pas souhaité répondre à Oubangui Médias.

En rappel les élus de la Nation ont plusieurs fois interpellé les autorités en charge de la sécurité sur les rackets sur les barrières, une dizaine de Bimbo à Mbaïki (95 km). Mais aucun changement.

Fridolin Ngoulou