La Cour Pénale Spéciale (CPS) qui est une juridiction hybride a fait l’objet des multiples critiques pour sa lenteur dans le traitement des dossiers en sa charge. Mais au cours d’un point de presse animé conjointement par le Procureur adjoint de la CPI Mame Mandiaye lors de sa dernière visite à Bangui, Michel Landry Louanga, le président de la CPS a promis de répondre à cette plainte des victimes qui souhaitent assister au procès de leurs bourreaux. Chose promise, chose faite. Ce mardi 16 janvier 24, cette cour a ouvert le procès dans l’affaire procureur contre Azor Kalite et consorts.

Présidé par le juge Aimé-Pascal Delimo assisté par Emile Ndjapou et Herizo rado Andriamanantena, cette audience qui va durer presque deux semaines permettra aux juges de poser des questions aussi d’analyser les faits qui sont reprochés à ses accusés.

A l’entame de ce procès tant attendu par les victimes de crime de guerre commis à Ndele dans le Bamingui-Bangoron, il était question de contextualiser ces événements douloureux qui ont endeuillé plus d’une centaine de ménage.

Professeur Bernard Simiti a été sollicité par la cour pour présenter les faits. Il a retracé dans son exposé qui a duré près d’une heure et demie les causes exogènes et endogènes de ce conflit.

Selon lui, cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte à l’époque du président fondateur de la RCA jusqu’à la période de la transition de Michel Djotodia.

La journée du mercredi a été consacrée aux interrogatoires des inculpés comme Azor Kalite sur son identité et ses parcours en tant que civile avant d’intégrer la vie militaire et la rébellion. Oumar Oscar Wodjonodrogba qui, quant à lui est sous contrôle judiciaire, les avocats de la défense ont formulé des observations à la cour comme quoi en l’absence de son avocat, il ne pouvait pas se prononcer. La cour a pris bonne note de cette observation et a suspendu l’audience pour le jeudi 18 janvier, consacrée aussi à l’interrogation de Cherifa Moussa inculpé pour son implication dans le mouvement PDRN qui est très actif dans la Vakaga.

Ce dernier qui était  artisan minier a pu rejoindre la coalition Seleka en 2013 et a fait savoir à la Cour qu’il a rejoint le mouvement après la chute de la coalition Seleka en 2014, lorsqu’il était encore en formation militaire au Soudan pour le compte des FACA puisque c’était le régime de l’époque qui les a envoyés à cette formation.

Cette audience va se poursuivre le lundi 22 janvier 2024 avec l’audition des témoignes.

Et s’il faut le rappeler, Azor Kalite et consorts sont poursuivis pour des crimes de guerre et de crime contre l’humanité commis à Ndélé dans le Bamingui-Bangoron entre 11 mars et 29 avril 2020 lors d’un violent combat opposant l’ethnie Goula et Rounga où près d’une centaine de personnes ont été tués dans les deux camps. Avec des éléments constitutifs comme le meurtre et atteinte à la dignité humaine.

Christian-Stève SINGA