Le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) Yvon Sana Bangui a marqué les travaux du Forum économique et social de Malabo, le 13 mai 2026, par un appel vibrant à l’action : « Le temps des diagnostics est derrière nous. Il faut désormais bâtir. »
La zone CEMAC affiche une croissance modeste (3,5 % en 2025, 2,6 % en 2026), mais conserve des fondamentaux solides : inflation maîtrisée à 2,3 %, dette publique contenue sous 70 % du PIB, réserves de change couvrant plus de 4,5 mois d’importations. La BEAC se veut garante de cette stabilité, tout en soutenant la liquidité nécessaire au financement des économies.
Le Gouverneur a insisté sur la nécessité de rompre avec la dépendance aux importations alimentaires et de valoriser les filières locales. Pour lui, la diversification est la condition de la stabilité sociale et monétaire : « Elle exige une révolution mentale, un nouveau logiciel de développement. »
La BEAC place la digitalisation au cœur de sa stratégie : interopérabilité des paiements instantanés à l’échelle africaine via le PAPSS, inclusion financière et innovation technologique, projet de monnaie numérique en franc CFA et création de bureaux d’information sur le crédit pour faciliter l’accès au financement.
Mais Yvon Sana Bangui prévient : « La technologie est un serviteur, pas un maître. Sans éducation et infrastructures robustes, la greffe numérique ne prendra pas. » Sous la supervision de la COBAC, du COSFAC et de la COSUMAF, le système bancaire et financier régional est jugé robuste. Il doit accompagner la transformation structurelle des économies.
Le Gouverneur exhorte les États, le secteur privé et les partenaires internationaux à adopter une Déclaration de Malabo pour l’investissement productif et numérique. Il a rappelé que l’Afrique centrale dispose d’atouts uniques : une jeunesse dynamique, des ressources naturelles abondantes et une stabilité monétaire avérée. Et a conclu : « Le 21ᵉ siècle ne nous attendra pas. L’histoire est rarement tendre avec les peuples qui arrivent en retard à leurs propres rendez-vous. »
Compte rendu de OTAS, pour Yvon Sana officiel

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