L’autosuffisance alimentaire est l’un des défis majeurs en Centrafrique.
Selon le rapport rendu public par le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) et l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), plus de 50% de la population vit dans l’insécurité alimentaire.
Cependant, si l’agriculture n’arrive pas à sauver la situation, certains centrafricains souhaitent faire recours à la culture du jardin.
C’est le cas des habitants du village Yongoro Bètimo, localité située à 14 kilomètres de Bouar sur l’axe de Niem Yéléwa dans la Nana-Mambéré.
Dans ce village, l’activité principale des autochtones demeure la culture du jardin potager et de l’élevage, des bœufs, des porcs, des cabris et des volailles.
Triste est de constater que le passage des éléments des groupes armés dans ce village a impacté négativement sur ces activités.
« Nous vivons que de la culture du jardin et de notre petit élevage. Dommage les rebelles étaient passés par-là. Ils ont détruit notre secteur d’élevage. Aujourd’hui, nous nous focalisons sur les cabris, porcs et volailles », a expliqué Ngaïna André l’un des jardiniers.
Bien que les produits de leurs jardins soient destinés à la consommation, ces jardiniers tirent un profit financier conséquent. Malheureusement l’insécurité a encore tout gâté comme le souligne la source cité-haut : « Nous cultivons du chou, du haricot vert et rouge et plusieurs légumes que nous consommons mais que nous vendons beaucoup plus.
Mais depuis la crise que secoue notre pays, les gens ne viennent plus régulièrement pour acheter nos produits ».
Pour favoriser la bonne production, les jardiniers du village Yongoro bénéficient de l’accompagnement technique du Projet de Relance de la Production Agropastorale dans les savanes (PREPAS) : « Nous les formons dans leurs différents groupements aux techniques de production et surtout selon leur besoin. Nous leurs donnons des intrants et il leur revient de tout faire pour maximiser la production pour que même si le projet n’est plus là, ils pourront se relancer eux-mêmes », a indiqué Simplice Toubaro, chef d’antenne de PREPAS à Bouar.
« Nous les appelons à prendre conscience de leur situation.
C’est la première compagne agricole que nous avons lancé. Nous espérons qu’à la fin de cette compagne, nous allons les évaluer pour voir s’ils ont progressé ou non.
C’est ainsi que nous verrons là où ils ont échoué et étudierons comment apporter d’autres solutions », a-t-il ajouté.
Loin d’être une simple affaire, la question de l’autosuffisance alimentaire concerne tout le monde.
Rappelons que le samedi 16 octobre dernier, la ville de Boali a accueilli la festivité de la Journée mondiale de l’alimentation (JMA) couplée avec celle de la femme rurale. Cette journée s’inscrit dans le contexte de la promotion de l’agroalimentaire, vecteur de l’autosuffisance alimentaire, basé sur la consommation des produits bios.
Dommage que même à Bangui, la population ne consomme que des aliments congelés exportés du Cameroun.
Une situation qui pourra avoir une conséquence négative sur l’état sanitaire des consommateurs.
Brice Ledoux Saramalet