Le 2 septembre 2021, la Libye a dépêché une délégation diplomatique à Bangui.

De manière officielle, quelques raisons ont été évoquées comme objet à cette mission entre autres, le renforcement des relations diplomatiques entre le Centrafrique et la Libye, la possibilité de la réouverture de l’ambassade de la Lybie en RCA qui a été fermée depuis une décennie et la gestion des biens économiques de l’État libyen notamment l’hôtel Ledger Plazza, le Groupe Laïco et autres.

Cependant, la présence de cette délégation libyenne à Bangui n’a pas été appréciée par certains centrafricains.

Relevant de la diplomatie et du social, cette question a touché le Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC) qui souhaite un éclaircissement sur ce sujet car il en va de la vie du peuple.

A cet effet, le GTSC a organisé le 17 septembre 2021 à Bangui, une conférence de presse afin de demander aux autorités nationales de faire la lumière sur cette affaire dans un bref délai.

« Il nous a été donné de constater ces derniers temps que plusieurs versions des faits circulent sur les réseaux sociaux et dans les journaux sur des transactions mafieuses qui auraient cours dans la gestion de l’hôtel Ledger Plazza, du Groupe Libyen Laïco et dans notre relation diplomatique avec la Libye.  Certaines de ces publications portent de graves accusations sur des hautes autorités du pays », a déclaré Gervais Lakosso, coordonnateur du GTSC.

Cependant, le gouvernement a pratiqué du mutisme devant cette affaire. Une situation qui inquiète le GTSC : « Le GTSC s’étonne que jusqu’à présent le gouvernement n’ait pas pris de mesures fortes pour mettre fin à cette situation qui perturbe sérieusement le peuple qui ne sait à quel saint se vouer. Cette situation n’a que trop duré et contribue davantage à ternir l’image de marque de notre pays », a poursuivi Gervais Lakosso.

Pour ce faire, le GTSC tire la sonnette d’alarme en ces termes : «  A ceux qui continuent de proférer des accusations d’en fournir les preuves afin de nous permettre d’aviser. Au gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent pour non seulement faire la lumière sur la situation, mais aussi établir les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire. Nous nous nous réservons le droit de mener des actions citoyennes si la situation perdure »

Rappelons que ladite délégation  était composée de 12 personnes et conduite par le Vice-ministre des Affaires étrangères pour les affaires politiques Mohamed Khaleel Idi Issa.

Ces diplomates libyens ont été accueillis à l’aéroport par Maxime Balalou, ministre en charge du secrétariat général du gouvernement. Malheureusement, plusieurs allégations circulent concernant l’identité de ces diplomates par rapport à la crise militaro-politique qui secoue la Libye. Un fait qui fait appel aujourd’hui à des analyses géopolitiques qui doivent tirer les choses au clair en présentant les avantages et les inconvénients de cette relation. Peut-on s’inquiéter aujourd’hui d’un réseau de mafia diplomatique sous le ciel centrafricain ? « Qui vivra, verra ».

        Brice Ledoux Saramalet