Le samedi 22 octobre 2022, plusieurs dizaines de milliers de la population sont encore descendus dans les rues à Bangui et dans presque toutes les grandes villes du pays pour exiger du président à qui l’initiative des réformes constitutionnelles lui appartient, de convoquer dans un délai de 30 jours un référendum.

Organisée par le parti au pouvoir, le Mouvement Cœurs –Unis et le groupe des partisans des réformes constitutionnelles, cette manifestation a connu la participation des partis politiques alliés au pouvoir, des partis dissidents de ceux de l’opposition, des organisations de la société civile soutenant les actions du président de la République et de nombreux autres groupes de soutien au pouvoir.

A Bangui où le Chef de l’Etat, le président Faustin Archange Touadera a pris part, le groupe de soutien aux réformes constitutionnelles lui a remis un mémorandum dans lequel, il exige la convocation du référendum dans les 30 jours qui suivent et la destitution de l’équipe actuelle de la Cour Constitutionnelle.

En effet, le 23 septembre 2022, suite à la requête d’une partie de l’opposition réunie dans le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) du 30 mars 2016, la Cour Constitutionnelle avait jugé inconstitutionnel la mise en place d’un Comité Chargé de réécriture d’une nouvelle constitution. Même si la décision de la Cour Constitutionnelle est susceptible d’aucun recourt, le parti au pouvoir soutien que la volonté du peuple est au-dessus de toutes les institutions de la République. C’est dans cette optique que plusieurs dizaines de milliers des partisans d’un Référendum Constitutionnel ont à nouveau exprimé à travers les rues leur volonté d’aller au référendum pour permettre au peuple de s’exprimer sur cette question.

Le Chef de l’Etat à qui le mémorandum lui est adressé directement a promis donner une suite aux manifestants, dans un délai de 30 jours ou plus. Depuis l’annulation de ce processus par la Cour Constitutionnelle, le Président Touadera ne s’est pas encore prononcé sur cette décision. Il avait abrogé les quatre décrets annulés. Cette manifestation intervient deux semaines après celle organisée par des entités féminines du pays devant le Palais de la Renaissance, exigeant elles-aussi la convocation d’un référendum constitutionnel.

Avec l’allure où vont les choses, un plan de forcing de processus n’est pas à exclure. Alors que l’opposition promet le chaos si ce projet tente de passer, les partisans d’un référendum constitutionnel ne décolèrent pas et promettent quant à eux de résister à toutes les tentatives visant à créer à nouveau un climat d’insécurité dans le pays.

Fridolin Ngoulou