Le comportement des adolescents centrafricains sur les réseaux sociaux pousse à réfléchir sur l’avenir proche de la Centrafrique. Avec  la connexion internet qui sera plus fluide et abordable avec le lancement de la fibre optique, l’on craint de voir cette génération vivre le pire, surtout qu’il n’y a aucune éducation numérique, ni une formation adéquate  à l’endroit de ces jeunes pour bien se comporter à l’ère des outils numériques.

Etant un pays brillant dans le non-respect des normes et de la loi, la République centrafricaine, en ce dernier temps a connu des cas d’exhibition de la jeunesse, pire de la jeune fille sur les réseaux sociaux. Ces dérapages devant constituer un déclencheur d’une série de sensibilisations ou d’actions à leurs endroits pour leur montrer le bon côté de l’Internet qui est malheureusement pris d’une autre manière.

Malgré que le code de la protection de l’enfant en son article 67 stipule que : « l’enfant est protégé contre toutes les formes d’exploitation sexuelles notamment : le mariage forcé, l’incitation, l’encouragement ou la contrainte à s’engager dans une activité sexuelle ; l’utilisation, le recrutement ou l’offre à des fins de pédophilie ; la diffusion des films pornographique à l’intention et l’exposition à des chansons et spectacle obscènes », les réseaux sociaux sont devenus en Centrafrique les lieux par excellence de propagation et publication des interdits.

Et comme la Centrafrique brille dans l’adoption des textes mais l’applicabilité reste un autre problème, on assiste tous les jours aux scènes de violation des droits sur le numérique. Le cas patent est celui d’une fille élève du lycée Gobongo qui a été sujette d’une stigmatisation dans son établissement parce qu’on a du publier l’une de ses  vidéos en ébat sexuel avec son amant sur la toile.

Pas plus loin que l’année passée, l’on avait assisté à la publication des photos et des vidéos à caractère pornographique  des filles d’un autre lycée de la place pour des scènes de jalousie. Mais l’auteur n’a reçu aucune sanction même pas un avertissement qui peut le retenir de reproduire de tels actes.

L’autre inquiétude est celui de la propagation des fausses nouvelles et de la désinformation. Avec le taux de la connectivité qui va augmenter, l’on craint qu’il y ait encore une forte propagation de la fausse information. POURQUOI ? Jusque-là, la lutte contre la désinformation en Centrafrique n’a pas encore atteint un niveau rassurant, la désinformation perdure et a des impacts considérables sur la population. Une population dont la plupart est d’abord analphabète et qui n’a aucune notion de la culture numérique est vulnérable. Une grande ouverture ou l’accès facile sera source de beaucoup de maux si l’on prétend projeter son regard. Car avec seulement un taux de 10 pourcent de la connexion internet, l’impact de la désinformation en Centrafrique était déjà considérable.

Au regard de ces dangers, il est important que des actions soient menées pour prévenir le pire. Des organisations des médias spécialisées dans ce domaine manquent considérablement des ressources pour pouvoir sensibiliser.

Les utilisateurs des réseaux sociaux doivent être suffisamment  sensibilisés sur cet espace qui ne doit pas être seulement un lieu de loisir ou de publication des mauvaises choses ou encore du règlement de compte entre des ennemis mais un lieu culturel, un espace civique qui est aussi régis par des lois.

Que l’éducation aux médias ne reste pas seulement un projet. Elle doit être privilégiée pour permettre non seulement aux élèves, étudiants et les ado de se servir de l’internet mais aussi à toute personne susceptible d’utiliser les outils numériques d’avoir une bonne posture pendant l’utilisation.

Belvia Esperance Refeibona