« E bata guigui » (protégeons la vie) est un groupe de soutien composé de 2,000 jeunes et enfants touchés par le VIH en République centrafricaine. Le groupe, dont les membres suivent une thérapie antirétrovirale (TAR), se réunit souvent pour s’encourager à ne pas perdre espoir et pour aider les autres à se faire dépister pour le VIH. Il a été créé en 2018 avec le soutien de l’UNICEF afin d’autonomiser les enfants, les adolescents et les jeunes vivant avec le VIH.

« Je suis très fier de notre réseau », déclare le docteur Cyriac Kango, spécialiste du VIH/sida au Complexe pédiatrique de Bangui et responsable du groupe de soutien. « Grâce à notre travail, nous pouvons contribuer à sauver des vies à travers nos rencontres avec la communauté et en les encourageant à se faire dépister. Ensuite, nous accompagnons les personnes séropositives le long du processus de traitement », ajoute-t-il.

En République centrafricaine, les données de l’ONUSIDA estiment que la prévalence du VIH était à 3,4 % en 2022, soit le taux le plus élevé de la région occidentale et centrale.

La route est longue, explique Dr Kango, et bien que le pays ait beaucoup progressé dans le traitement du VIH, la population n’en est pas pleinement consciente : et malheureusement, moins de la moitié des personnes dépistées positives reçoivent un traitement antirétroviral. La situation est encore plus préoccupante pour les enfants et les adolescents : sur les enfants de moins de 15 ans qui sont séropositifs, moins d’un quart sont sous traitement.

« Il est essentiel qu’ils ne se sentent pas seuls dans cette lutte. Le réconfort et l’empathie sont essentiels pour que les gens se fassent dépister et traiter », insiste-t-il.

Grâce au soutien de l’UNICEF et de la Croix-Rouge française, le ministère de la Santé et de la Population a équipé les huit principaux centres de santé du pays de nouvelles machines qui permettent de détecter le virus et de déterminer le niveau de la charge virale en l’espace d’une journée.

« Ceci a permis d’accélérer considérablement le processus. Les gens peuvent maintenant obtenir leurs résultats et toutes les informations dont ils ont besoin en l’espace d’une journée », poursuit-il.

« Les machines ont fait une grande différence pour nous, en particulier pour les personnes vivant dans les zones rurales. Auparavant, les patients vivant en dehors de Bangui devaient attendre des semaines avant d’obtenir leurs résultats, car les tests étaient envoyés dans la capitale pour y être analysés. Désormais, le personnel médical peut fournir les services dans leurs districts respectifs ou au moins dans le district le plus proche ».

La lutte contre le VIH va encore plus loin.

Pour éviter la transmission de la mère à l’enfant, le ministère de la Santé et de la Population, avec le soutien de l’UNICEF, élabore des protocoles pour équiper le système de santé en matière de prévention et d’interventions. En outre, des experts forment les sage-femmes aux protocoles de lutte contre le VIH étant donné qu’elles sont souvent la principale référence pour les femmes enceintes.  UNICEF RCA