La protection civile est un domaine indispensable pour la sûreté dans un pays comme la République Centrafricaine (RCA). Oubangui Médias a rencontré

directeur général de la protection civile qui est un organisme gouvernemental sous tutelle du ministère de l’administration du territoire, de la décentralisation et du développement local, crée par le décret n°01 041 du 09 février 2001.

Oubangui Médias : Bonjour monsieur, vous êtes Directeur Général de la protection civile. Dites-nous que représente votre travail au sein de la communauté.

Thomas Djimassé : Bonjour monsieur le journaliste.  Les missions d’Etat c’est de mettre en œuvre toutes les mesures qu’il faut prendre pour la prévention et de secours quand les accidents, les catastrophes, toutes les calamités naturelles que on peut rencontrer et protéger les personnes, les biens, les moyens de subsistance et l’environnement.

Alors pour travailler, l’Etat nous donne l’appui, avec un budget. Nous recevons également des dons, de legs du public, des partenaires techniques et financiers, des subventions et nous travaillons avec les communautés à la base c’est-à-dire nos interlocuteurs directs sont les préfets, les sous-préfets, les maires, les chefs de quartiers et les chefs des villages.

Tous les leaders communautaires, tous ceux qui sont dans les ONG et qui travaillent dans la protection, tous les ministères sont également nos partenaires parce que la protection liée aux catastrophes touche plusieurs secteurs. Par exemple, une industrie qui gère le carburant fait face au danger car elle manipule un produit dangereux. Si cela prend feu, imaginez les dégâts. 

Je prends un autre exemple d’un stade où les gens se bousculent, il peut y avoir mort d’homme et tous les établissements qui reçoivent le public doivent avoir des normes. Toutes les maisons qui sont construites en étage en hauteur doivent avoir des normes de sécurité, sécurité incendie. L’urbanisme aussi est concerné puisqu’il faudrait bien qu’il y ait accès, que nous ayons des voies pour aller éteindre le feu. Si le feu se déclenche à deux cent mètres de la route et qu’il n’y a pas d’accès, cela est difficile pour nous et le feu peut se propager pour atteindre d’autres maisons.

Notre rôle c’est de créer la règlementation, les normes et c’est avec tous les secteurs concernés en matière de sécurité. Voilà ce que nous représentons dans la communauté.

Oubangui Médias : Avez-vous tous les moyens pour mener des opérations d’urgence?

Thomas Djimassé : Nous montons en puissance. Nos moyens sont en train de se consolider progressivement. Vous savez, si notre plan d’action, notre vision est claire, les moyens vont forcément suivre. L’important c’est que nous savons où allons-nous actuellement. Nous voulons couvrir tout Bangui, bientôt ça va être les chefs-lieux des régions, après les vingt préfectures, les quatre-vingt-cinq sous-préfectures et si on peut arriver sur les cent soixante-dix-sept communes  d’ici à 2030 c’est sera bien.

Oubangui Médias : Vue la montée en puissance dont vous évoquée, quelles sont les perspectives que vous avez afin de mener votre combat ?

Thomas Djimassé : C’est justement, comme vous le savez notre capacité opérationnelle se repose sur deux bases solides. La première base ce sont les pompiers civils qui sont pour l’instant entre 150. Nous sommes en démarche avec l’Etat pour qu’ils soient pris en charge et intégrés. S’ils ne sont pas intégrés, ils vont tous partir chercher du travail dans les privés.

En ce qui concerne la seconde base, c’est toute la RCA que nous devons couvrir. C’est pour cela qu’il faudrait que chaque arrondissement, quartier, communauté locale ait ce qu’on appelle des réserves communales. Des réserves sont des personnes qui sont formées pour plusieurs types de risques comme les risques d’incendie et qu’on trouve partout dans des maisons, des entreprises, les marchés et que lorsqu’un séisme arrive, eux-mêmes éteignent le feu avant que les pompiers professionnels ne puissent arriver. Avec un verre d’eau, on peut, en une minute éteindre l’incendie. Un sceau d’eau après deux minutes et ensuite, c’est une citerne au bout de cinq minutes  et c’est la catastrophe après.

Donc, à travers ces agents notre objectif est que toute la population soit sensibilisée contre les mesures barrières, les incendies et que tout le monde puisse être acteur même de sa sécurité.

Oubangui Médias : Comment cette sensibilisation va-t-elle se faire pour barrer la route aux multiples cas d’incendie ?

Thomas Djimassé : D’abord c’est par la réglementation. Il faudrait que les communes aient chacune un plan communal de sauvegarde qui définit quels sont les risques qu’on observe dans la commune, quelle est la monographie de la commune.

Dans les entreprises, les gens doivent énumérer les formules chimiques à appliquer pour contenir le produit chimique ou le produit dangereux à l’exemple du mercure pour traiter du diamant ou l’or. Mais le regret est que ces produits se retrouvent dans l’eau pour tuer les poissons, cela détruit l’environnement et le sol.

Ensuite, y a l’utilisation des mairies et des leaders communautaires pour sensibiliser au maximum les populations sur les gestes barrières tout comme on a fait pour le Covid-19, on peut le faire également pour tout autre type de risque, même le risque d’incendies, le risque d’inondations.

Maintenant pour les écoles, il faut que cela rentre dans la formation élémentaire. Notamment apprendre à nos enfants les risques liés à la manipulation des objets dangereux pour que le problème de l’incendie soit perçu par les enfants à bas âge, même chose au niveau de l’Université. Il faudrait bien qu’il y ait une filière qui puisse vraiment former les gens sur la gestion des risques catastrophes. Je pense que cela existe déjà mais c’est limité, il faut intéresser les gens à s’orienter dans ce domaine.

Oubangui Médias : Depuis le mois de septembre 2022, plusieurs cas d’incendies liés à la manipulation du carburant hors circuit légal ont été observés. Avez-vous des données sur ces incendies ?

Thomas Djimassé : Je peux vous assurer que depuis septembre à aujourd’hui, on a dépassé la centaine des maisons parties en fumée. Nous avons créé une plate-forme WhatsApp pour attirer l’attention du grand public sur ce grand danger. En partageant les images des dégâts, les gens se rendent compte que de la gravité des choses. C’est vraiment une catastrophe. Les statistiques de perte en vies humaines, il en a au moins trois personnes mortes à Bangui sans les données des provinces.

Pour les incendies, heureusement que les autorités ont pris la mesure de la chose en interdisant le transport même le stockage du carburant dans les quartiers. Je crois que c’est une bonne mesure pour limiter les dégâts.

Oubangui Médias : Sur ce, nous vous remercions

Thomas Djimassé : Monsieur le journaliste, je vous remercie aussi

Interview réalisée par Zarambaud Mamadou