Le procès de Guen, qui se déroule à la Cour pénale spéciale (CPS) a atteint une phase décisive. Ce mardi 19 mai, la Cour a entamé l’interrogatoire au fond des accusés, en commençant par François Boybanda, surnommé Baléré. Lors de son audition, l’accusé a rejeté toutes les accusations portées contre lui ainsi que tout lien avec ses coaccusés.
De nationalité centrafricaine, François Boybanda, alias Baléré, est cultivateur et ancien chef de groupe. Deux ans plus tard, il est devenu adjoint au maire de la localité où il vivait.
Né à l’époque de Barthélémy Boganda, selon les déclarations qu’il a faites à la Cour, il affirme ne pas connaître sa date de naissance exacte.
Il a indiqué avoir arrêté ses études au niveau du CP2 (Cours préparatoire niveau 2). Entre 2013 et 2014, peu avant l’attaque de Guen, il exerçait des activités champêtres. Au moment des faits, il a déclaré être marié coutumièrement à deux femmes et père de 15 enfants.
Après lui avoir rappelé ses droits, notamment celui de garder le silence sans que cela puisse être retenu contre lui, celui de faire des déclarations, de répondre aux questions s’il le souhaite, d’être assisté par son avocat ou, si nécessaire, par un interprète, la Cour lui a présenté les chefs d’accusation retenus contre lui.
Il est notamment poursuivi pour avoir commis, entre février et mars 2014, dans la sous-préfecture de Gadzi et à Djomo, des crimes contre l’humanité en tant qu’auteur, coauteur direct, chef militaire ou supérieur hiérarchique. Ces accusations portent sur des faits de meurtre et tentative de meurtre, extermination, persécution, déportation ou transfert forcé de population, viol ou autres formes de violences sexuelles, ainsi que d’autres actes inhumains portant atteinte à l’intégrité physique ou à la santé mentale. Il est également poursuivi pour des crimes de guerre, conformément aux articles 153 et 154 du Code pénal centrafricain.
Cependant, l’accusé a rejeté l’ensemble de ces accusations, tout comme toute relation avec ses coaccusés. Il a également affirmé ne pas être un chef anti-balaka. « Je ne me reconnais dans aucun de ces faits », a déclaré François Boybanda à la barre de la CPS.
Concernant les événements en question, il soutient qu’il se trouvait dans son champ au moment des faits. Pourtant, selon la Cour, plusieurs témoignages et dépositions le présentent comme une personne influente à Ngbaïna. Interrogé à ce sujet, il a nié ces affirmations.
Le parquet a relevé que l’accusé se montre très agressif dans sa manière de répondre aux questions de la Cour et a demandé que cela soit pris en compte dans le jugement.
La partie civile a également estimé que l’accusé prenait les débats à la légère.
De son côté, la défense a dénoncé une tentative d’intimidation de l’accusé par le parquet.
L’audience a finalement été suspendue et reprendra ce jeudi 21 mai avec la poursuite de l’interrogatoire au fond des accusés.
Déus Gracias Tchémanguéré

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