Les étudiants centrafricains en fin de cycle à l’Ecole de l’Hôtellerie et du Tourisme de Ngaoundéré au Cameroun sont dans la détresse.  Ils sont menacés d’être mis hors campus par les autorités administratives tandis que leur dossier de bourse qui prend en compte les frais de rapatriement est retiré au Ministère des Finances et du Budget. Une situation que le Ministère du Tourisme ne peut justifier jusqu’à ce jour. Déboussolés, ils appellent le gouvernement centrafricain à l’aide afin de trouver une solution immédiate.

Réunis en collectif, ils ont écrit un communiqué de presse à l’intention des autorités nationales dont voici la teneur :

En effet, en 2019, nous avions passé un test et le validé afin d’entrer à l’Ecole de l’Hôtellerie et du Tourisme. A cet effet, il est obligatoire que nous puissions bénéficier d’une bourse de la CEMAC octroyée par l’école. Hélas, cette bourse a été suspendue dès notre arrivée, et la perche était tendue à chaque pays de prendre en charges ses ressortissants.

Pour ce faire,  aussi nous avons contacté notre ministère tutelle depuis Bangui qui s’est porté garant d’engager un processus nous permettant de bénéficier d’une ligne budgétaire au niveau du ministère des finances et du budget. C’est ainsi que le  01 décembre 2020 nous avons reçu une somme de 220.000 f par étudiant considérée comme frais d’installation.

Cependant, une fois arrivé à Bangui en fin 2021 pour le stage qu’on a été informé que la somme reçue était notre bourse de première année. Nous tenons à rappeler que l’inscription annuelle est fixée à 100.000f CFA et on était instruit par le ministère  de payer nos inscriptions de la première année dans la somme envoyée. Ce qui sous-entend que la bourse annuelle qu’on a été bénéficiaire est de 120.000f. 

Devant cette situation, nous avons profité de notre séjour à Bangui pendant le stage  pour s’approcher du Ministère des Finances et du Budget pour plaider sur l’avancement du deuxième dossier qui était déjà en cours de traitement. C’est là qu’on était informé et découvert que l’ancien dossier faisait mention de 720 000F CFA par étudiant  et non 220 000F CFA. Nous avons essayé de chercher des explications auprès du gestionnaire de la ligne qui a tenté si bien que mal de nous expliquer que la différence était prise en compte dans le cadre des négociations. Chose qu’on n’arrivait pas à comprendre. Bref on a accepté de passer l’éponge à condition que le deuxième dossier prenne en compte la somme de 497 000F CFA par étudiant et c’est qui s’était finalement fait.

Le problème se trouve maintenant au niveau du dossier de cette année qui devrait regrouper le dossier de bourse plus les frais de rapatriement. Nous étudiants, qui sommes en phase de finir la 3ème année,  nous devrons libérer le campus la fin du mois de juin. Mais, selon une source au niveau du ministère des Finances et du Budget,  le seul dossier envoyé par notre ministère tutelle prend en compte que les nouveaux étudiants mais pas nous qui sommes en fin de formation.

Surpris par cette information, nous avons d’abord contacté à plusieurs reprises le gestionnaire de la ligne M. ZOUMA, malheureusement, ce dernier ne nous a jamais donné une réponse satisfaisante.  Nous avons ensuite remonté le problème au niveau du Chargé de Mission qui est aussi notre administrateur auprès du ministère. Dommage que lui de même n’a pas pu nous dire pourquoi nous avons été retirés du dossier de bourses. Désespérés, nous  avons décidé enfin de contacter la Ministre  Jennifer Saraeva via son WhatsApp. Encore là, notre message est resté lettre morte. 

A ce jour, nous ne savons à quel saint se vouer. Notre séjour au Cameroun tire à sa fin et l’école tient à nous mettre hors campus d’ici la fin du mois. C’est pour tenter une nouvelle piste de solution que nous avons pris la résolution de contacter la presse  afin d’avoir une clarification sur notre situation.

Les questions qui nous rongent sont les suivantes :

Pourquoi le ministère a juste envoyé le dossier des nouveaux étudiants qui ont encore 2 ans de plus à passer au Cameroun et n’a pas envoyé le nôtre qui serons mis hors du campus d’ici trois (03) semaines ? Allons-nous recevoir nos frais de rapatriement avant ce délai fixé par l’école ? En cas de réponse négative, comment allons-nous rentrer au pays ? Notre bourse de dernière année a-t-elle été suspendue ? Si oui pourquoi ? Si NON quand allons entrer en possession de cela ?

Nous  avons les yeux tournés vers les autorités nationales compétentes afin de nous résoudre ce problème car nous sommes ici au nom de la République Centrafricaine. Nous précisons que nous comptons sur cette dernière bourse pour qu’une fois de retour au pays, nous allons nous lancer dans l’entreprenariat à travers les Activités Génératrices de Revenu (AGR) au lieu de croiser les bras pour attendre l’intégration dans la fonction publique.

Le collectif des Etudiants Centrafricains de l’Ecole de l’Hôtellerie et du Tourisme de la CEMAC