Un accord de financement a été signé ce 29 juillet entre le gouvernement et la Banque mondiale visant l’octroi de 27 milliards de FCFA pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays.

La République centrafricaine traverse depuis quelques années une crise sécuritaire couplée avec la pandémie du coronavirus. Ces crises ont constitué un obstacle au développement des activités agro-pastorales. Une situation qui a plongé le pays dans une réelle crise alimentaire et nutritionnelle.

En effet, selon un rapport du Programme alimentaire mondiale (PAM) et du Fonds des nations-unies pour l’alimentation (FAO) en avril 2021, environ 2,3 millions des centrafricains soit 47% de la population vivaient en situation d’insécurité alimentaire. Aussi, plus de 600 000 personnes, ce qui équivaut à 13% de la population, étaient au bord de la famine.

En ce mois de juillet 2021, c’est-à-dire juste trois (03) mois après le rapport susmentionné, il est triste de constater que la situation s’est largement détériorée. Un autre rapport fait mention de 2,6 millions de personnes, soit 57% de la population souffrent de l’insécurité alimentaire. Ce qui sous-entend qu’il y a une augmentation de 10% en espace de 3 mois. Parmi ceux-ci, 1 million de personnes sont classées en situation d’urgence. Toutefois, on note également que dans le pays, presque 400 000 enfants soit 40% souffrent de malnutrition chronique.

Devant cette malheureuse situation, la Banque mondiale a décidé de s’engager dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au côté du gouvernement centrafricain. Pour ce faire, cette institution bancaire a lancé le projet dénommé : Projet de réponse urgente à la crise alimentaire en Centrafrique (PRUCAC).

«  Approuvé le 29 juin 2021 par le Conseil d’administration de la Banque mondiale à hauteur de 50 millions de dollars, soit plus de 27 milliards de FCFA, le PRUCAC vise à améliorer la situation de la sécurité alimentaire en réengageant les producteurs dans les activités agricoles et en améliorant la résilience des populations agricoles. C’est donc un projet de réponse urgente à la crise actuelle mais, en même temps, c’est un projet de développement », a déclaré Han Fraeters, représentant résident de la Banque mondiale en Centrafrique.  

La cérémonie de la signature de cet accord de financement s’est déroulée ce 29 juillet 2021 en la salle de conférence du ministère de l’économie, du plan et de la coopération à Bangui. Dans son discours de circonstance, le ministre d’État Felix Moloua qui pilote ce ministère n’a pas caché sa reconnaissance devant ce financement. Pour Felix Moloua, la Banque mondiale est l’un des meilleurs partenaires de la Centrafrique qui se montre toujours présente durant les crises à répétition qu’a connues le pays. Il a saisi cette opportunité pour demander à son collègue en charge de l’agriculture et du développement rural Eric Rekosset-Kamot de tout mettre en œuvre pour le bon suivi de ce projet.

Le PRUCAC sera réalisé en collaboration avec la FAO qui va se charger de l’achat des semences de qualité et la distribution aux producteurs également le PAM qui va assurer la distribution des vivres afin d’éviter la consommation des semences destinées à la production.

Il faut noter aussi que l’AGETIP-CAF, l’ICRA et l’ACDA joueront aussi plein rôle dans l’exécution de ce projet. Les zones d’intervention ciblées pour la réalisation de ce projet sont : les préfectures de la Ouaka, de la Nana-Gribizi, de l’Ouham, de la Basse-Kotto, de la Haute-Kotto, de la Mambéré Kadéi ainsi que les communes autonomes de Bangui et celles qui sont environnantes de l’Ombella-M’Poko. 

Ledit projet doit atteindre 460.000 petits exploitants agricoles et des personnes en situation d’insécurité alimentaire. Il s’agira de 60.000 ménages agricoles éligibles dont 50% de femmes, 2.500 groupes de producteurs semenciers engagés dans des programmes de multiplication et de distribution de semences, 2.500 jeunes femmes bénéficiant d’interventions en matière de nutrition, 20.000 bénéficiaires de rations de protection de semences et 40.000 personnes vulnérables qui vont participer à des activités du types « argent contre travail ».

Ce projet s’étend sur une durée de trois (03) ans. Il est question d’appuyer le gouvernement centrafricain dans sa politique contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Toutefois, les objectifs visent à accroître la production alimentaire et d’améliorer la résilience dans les zones touchées au profit des petits exploitants agricoles en situation d’insécurité alimentaire. 

Brice Ledoux Saramalet