En Centrafrique, la vente des nourritures non protégées demeure un problème majeur de santé publique. La plupart des aliments sont vendus à ciel ouvert, presque dans toutes les rues de la capitale, exposant ainsi les consommateurs à de sérieux risques de maladies infectieuses.

C’est un fait qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plusieurs années, cette pratique se poursuit sans qu’une solution idoine ne soit véritablement appliquée. Bien que les autorités centrafricaines aient appelé les vendeurs à mieux protéger les denrées alimentaires, certains font la sourde oreille et persistent dans ces pratiques.

Si cette situation représente un danger pour la santé publique, pour Prisca Fedakpa, vendeuse de nourriture au marché du centre-ville de Bangui, cette activité demeure un moyen essentiel de subsistance, lui permettant de subvenir aux besoins de sa famille.

Elle explique : « C’est depuis l’an 2000 que je pratique cette activité. Grâce à cela, je prends soin de ma famille et je paie la scolarité de mes enfants. Nous faisons de notre mieux pour bien entretenir les aliments et les protéger de la poussière, surtout en cette saison sèche. Au début, tout allait bien, les produits étaient accessibles, mais de nos jours, les prix sur le marché ont énormément augmenté. »

Certains clients apprécient la qualité et la préparation de ces nourritures. C’est le cas de Saint Jubal Sakodé, l’un des consommateurs : « Nous sommes à l’heure de notre pause, c’est pourquoi nous sommes venus ici étancher notre faim. Les nourritures que préparent ces vendeuses sont de bonne qualité et ont un goût appréciable », a-t-il affirmé.

Cependant, d’autres estiment que ces aliments constituent une source de maladies à long terme. Chris Armel, vendeur de téléphones au marché du centre-ville de Bangui, confie : « Je n’ai pas l’habitude de consommer ces nourritures. Avant de quitter la maison, je prends tout ce dont j’ai besoin. Ici au marché, je n’achète que de l’eau en sachet, car les aliments préparés par ces vendeuses sont parfois à moitié cuits et peuvent provoquer des maladies à long terme. »

Selon Dr Valentin Nebanga, chef de service de la promotion de la santé à l’Hôpital général de Bangui, les nourritures non protégées peuvent provoquer plusieurs maladies infectieuses, notamment la diarrhée, les vomissements, l’affaiblissement du système immunitaire et des retards de croissance chez les enfants.

Pour éviter les dangers, il a appelé les vendeurs à protéger les aliments vendus : « Mon appel s’adresse d’abord aux vendeurs installés au bord de la route. Tous les aliments destinés à la consommation doivent être protégés, soit enveloppés dans des sachets, soit conservés dans des vitrines fermées afin d’éviter les dépôts de poussière. Quant aux consommateurs, ils doivent éviter d’acheter des aliments exposés, car consommer ces produits revient à consommer la maladie et à s’exposer à de graves problèmes de santé », a-t-il expliqué.

Si les nourritures vendues au bord de la route présentent certains avantages, notamment leur accessibilité, elles peuvent aussi avoir des conséquences néfastes sur la santé lorsque les règles d’hygiène ne sont pas respectées.               

Freddy Ulrich Tanga