Après plusieurs mois de consultations, les membres du bureau du prochain dialogue républicain en Centrafrique sont installés le jeudi 1er septembre 2021.

Ce n’est plus un secret pour personne. La crise militaro-politique que traverse depuis 2013  la République centrafricaine a engendré plusieurs conséquences. Plusieurs solutions ont été proposées dont le dernier en lice est l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation Nationale, signé le 06 février 2019 à Bangui entre le gouvernement et les groupes armés. Trieste est de constater que toutes ces solutions n’ont pas donné des résultats escomptés d’où le déclenchement d’une crise politique en 2020 avec la création de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC).

Cependant, dans cette période de turbulence, plusieurs acteurs politiques réclament la tenue sur le sol centrafricain, d’un dialogue inclusif. Si, l’idée dudit dialogue est validée par le pouvoir de Bangui notamment le président Faustin Archange Touadera, il était très réticent sur le caractère inclusif de ce dialogue. Pour ce dernier, il est impossible de dialoguer encore avec ceux qui ont torpillé l’APPR et continuent de tuer les centrafricains. Ce qui sous-entend que les membres de la CPC ne devraient pas prendre part à ce dialogue. Cette pensée a été largement contestée par la Coalition de l’Opposition démocratique (COD 2020) qui souhaite quant à lui la participation de tous les acteurs pour enfin trouver une solution entre centrafricains.

Ne dit-on pas que le linge sale se lave en famille ? La réponse à cette interrogation est affirmative. C’est ainsi qu’après tant des discussions,  des négociations émaillées par des contestations, les membres du comité d’organisation de ce dialogue ont été nommés. Ils sont les représentants de toutes les couches politiques et sociales.

Pour leur donner plein pouvoir de se mettre au travail, ces derniers ont été investis officiellement ce  1er septembre 2021. Ceci, en présence des autorités politiques nationales, les présidents des institutions républicaines, le corps diplomatique et plusieurs autres entités décisionnelles. « C’est désormais sur vous qu’appartient le destin de tout un peuple », a déclaré  le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera aux membres du comité d’organisation du dialogue.

Le président Touadera a aussi remonté à la surface que ce dialogue s’inscrit toujours dans « La politique de la main tendue du gouvernement » qui veut que tous les centrafricains contribuent au retour de la paix définitive dans le pays.

Ce dialogue républicain est tant attendu et se présente comme la dernière bale du chasseur face au lion. Il n’est plus question de commettre des erreurs qui risqueraient de couler le bateau. « Ce qui sous-entend que ce comité ne doit pas jouer à des jeux de l’hypocrisie ou pratiquer du judaïsme », a commenté un observateur de la vie politique, présent à la cérémonie d’investiture de ce comité.

L’opinion nationale et internationale croise les doigts pour attendre le résultat qui est attendu comme la traversée de la mer rouge pour la destination de Canaan.

Brice Ledoux Saramalet