Le paysage centrafricain regorge d’activités génératrices de revenus. Parmi elles, l’extraction de sable, pratiquée dans plusieurs localités où ruissellent les eaux, constitue une véritable opportunité économique. À Mandja Otto, dans le 2ᵉ arrondissement de Bangui, cette activité attire chaque jour des dizaines de jeunes.
En bordure de la rivière Oubangui, dès la fin de la matinée, le calme règne sous un soleil ardent. À proximité, des groupes de jeunes, vêtus de simples culottes ou torse nu, se reposent à l’ombre des manguiers après une longue journée de travail.
Lewis Yaradendji, l’un des extracteurs, décrit la méthode employée : « Nous prenons nos pirogues et allons au milieu de la rivière. Ensuite, nous descendons sous l’eau pour extraire le sable, selon la profondeur. C’est un travail risqué, mais il nous permet de survivre », explique-t-il.
Son témoignage est complété par celui de Paterne Yarawele, chef d’équipe, qui insiste sur les bénéfices de ce métier : « Grâce à cette activité, je parviens à payer mon loyer, la scolarité de mes enfants et à nourrir ma famille. Je suis fier de ce travail, car seul le travail libère l’homme », affirme-t-il avec conviction.
De son côté, Dieu Béni Malekamade, adjoint délégué des sableurs, lance un appel aux jeunes désœuvrés des quartiers : « Je demande à mes frères qui n’ont rien à faire de venir travailler ici, plutôt que de perdre leur temps dans les jeux de hasard. Au bord de la rivière Oubangui, il y a beaucoup de travail, et c’est le travail qui libère l’homme », souligne-t-il.
Au-delà de l’aspect économique, l’extraction de sable joue un rôle social important. Elle permet à de nombreux jeunes de subvenir à leurs besoins, d’éviter la tentation du banditisme ou des braquages, et de s’inscrire dans une dynamique de travail. Toutefois, cette activité n’est pas exempte de difficultés. Les extracteurs doivent faire face à des risques permanents liés à la montée des eaux en saison pluvieuse.
À cette période, la demande en sable diminue, car la construction de maisons ralentit. Par ailleurs, l’augmentation des prix des matériaux de construction, notamment des briques, dont le coût reste instable sur le marché centrafricain, fragilise davantage leur activité.
Ainsi, si l’extraction de sable sur la rivière Oubangui demeure une source de revenu indispensable pour de nombreux foyers, elle reste marquée par la précarité et l’incertitude.
Ange Arnold Finmini

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