Lors d’une conférence de presse donnée le 17 août dernier à Bangui, les leaders des partis et associations politiques de l’opposition, réunis dans le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) avaient annoncé l’organisation d’un meeting contre la modification de la constitution du 30 mars 2016. Ce meeting est prévu pour le 27 de ce mois sur le terrain de l’UCATEX dans le 8e arrondissement de Bangui. Le gouvernement à travers le ministère de la sécurité publique a autorisé la tenue de ce meeting et met, toutefois les organisateurs en garde contre dérapage de nature à troubler l’ordre public.

Depuis plusieurs mois, les organisations et personnalités politiques proches du pouvoir ont déclenché la procédure de la modification ou de la révision de la Constitution. Cette question de modification de la loi fondamentale continue de diviser la classe politique et les organisations de la société civile centrafricaine. Les alliés du pouvoir déclarent que la Constitution de 30 mars 2016  ne cadre pas avec les réalités du pays. Selon eux, cette constitution regorge beaucoup d’imperfections, car elle avait été imposée par la communauté internationale pendant la transition. Ils citent en appui, quelques articles de cette loi fondamentale, notamment les articles 73, 74, et 76.

Du côté de l’opposition, l’on perçoive cette démarche comme une occasion de sauter les verrous qui interdit le président Faustin Archange Touadéra de se présenter aux prochaines échéances électorales afin de permettre à celui-ci de briguer un troisième mandat.

Dans son adresse à la Nation à l’occasion de la célébration du 62e anniversaire de l’indépendance de la RCA le 13 août, le président de la République Faustin Archange Touadéra appris acte du mémorandum remis au gouvernement suite à la marche de soutien à la réforme constitutionnelle, organisée sur l’ensemble du territoire, le 6 août 2022 par le Front Républicain, une des organisations proche du pouvoir. L’assemblée nationale a répondu également favorable à la demande du gouvernement de mettre en place du Constituante, ensemble de forces vives de la nation devant rédiger la nouvelle Constitution.

L’opposition démocratique qui, jusque-là observe une trêve sur cette question compte déjà réagir avant qu’il ne soit trop tard. Pour faire obstacle à ce projet du référendum constitutionnel voulu par les alliés du président Touadéra, ce samedi 27 août, sur le terrain de l’ex UCATEX dans le 8e arrondissement de Bangui, les leaders des partis et association politiques ainsi qu’une partie de la société civile vont se prononcer au sujet. Le gouvernement a donné son feu vert à la coordination de cette plateforme politique d’organiser ce rendez-vous avec la population. Cependant, il rejette l’encadrement et la sécurisation de ce meeting.

Malgré l’interdiction formelle du ministère de la sécurité publique, les marches organisées par le Front Républicain ont été sécurité par les forces de défense et de sécurité. La question que l’on se pose est de savoir pourquoi le gouvernement autorise-t-elle la tenue de ce meeting et rejette l’encadrement et la sécurisation des manifestations sollicités par le BRDC ?         

        Pétrus Namkoina