Le Consortium des Journalistes Centrafricains pour la Lutte Contre la Désinformation (CJCLD) a organisé, au début d’après-midi du vendredi 25 Aout 2023 dans la localité de Gbomboutou (à 3 km de Nzila) 15 km de Bangui route de Mbaïki, un atelier de causerie éducative. L’activité a pour thématique, « l’impact de la désinformation et des messages de haine au sein de la communauté ».
Le Consortium des Journalistes Centrafricains pour la Lutte Contre la Désinformation (CJCLD), dans le cadre de ses activités de sensibilisation dans les périphéries de la ville de Bangui, s’est rendu dans la localité Gbomboutou, dans la commune de Bimbo. La localité, située à trois kilomètres de Nzila, sur la route de Maka, est coupée des autres quartiers de Bangui. Loin des agglomérations des quartiers peuplés, ce coin perdu qui se trouve aux confins de Bimbo, est une nouvelle localité qui n’a ni chef ni infrastructures sociales de base.
Le taux d’analphabétisme y est très élevé, les jeunes s’adonnent aux petits métiers (la briqueterie et la maçonnerie et les travaux champêtres) afin de vivre au jour le jour. La majorité n’ont pas la culture de s’informer par la radio ni la presse ni les médias sociaux. Le risque de la propagation de la désinformation est donc très élevé. C’est en partant de ce constat que le CJCLD a choisi cette localité pour une campagne de sensibilisation.
Ainsi, dans une activité de causerie éducative l’équipe de CJCLD a échangé avec les leaders communautaires de Gbomboutou, afin de leur apprendre comment débusquer et contrer la désinformation au sein de leur communauté. L’objectif est aussi de lutter contre les messages de haines qui divisent les communautés. Ont pris part à cette activité, plus d’une quarantaine de personnes issues de différentes couches sociales. Les leaders religieux, les commerçants, les agriculteurs, et les jeunes qui exercent des petites activités génératrices de revenu sont venus apprendre la notion de la désinformation. La particularité de cette activité est que les femmes sont majoritaires. L’Eglise baptiste de Gbomboutou a accueilli l’activité, avec la participation de l’Association du Développement Avicole (ADA) qui réunit presque tous les leaders de la communauté de la localité.
Le pasteur a livré ses impressions de satisfaction par rapport à cette activité. « Je suis un chef religieux. Je suis si heureux de recevoir ces journalistes qui luttent contre la désinformation et qui prônent la vérité. C’est aussi un sacerdoce comme le mien. Nous connaissons tous les conséquences de la désinformation et des messages de haine au sein de notre communauté. Je vous demande à mes frères et sœurs de Gbomboutou de bien vouloir être attentif pour apprendre de ces braves journalistes. Ils vont nous aider à comprendre et barrer la route à la désinformation, rumeurs et messages de haine ».
La thématique de la causerie éducative, porte toujours sur l’impact de la désinformation et des messages de haine au sein de la communauté, chose qui a été faite depuis le début, il y a plus de deux mois, des activités du CJCLD à Mboko, à Gbaloko, à Sékia-Dalet, à la Cité Aéroport et à la cité Espoir.
L’objectif recherché par le CJCLD, est d’inciter les populations des périphéries de la ville de Bangui à avoir l’esprit critique et à toujours vérifier les informations pour savoir le vrai du faux.
Le Coordonnateur du CJCLD, Georges OUAPURE-ZEZE a expliqué les différentes formes de la désinformation à savoir, la désinformation, la mésinformation et la rumeur. Puis il a enseigné à l’assistance les stratégies de vérifications des faits, comme l’un des moyens pour lutter contre la désinformation au sein de la communauté.
Mathurin Boundiasson a procédé à une sensibilisation imagée, qui a été très appréciée par les participants. Il a expliqué une boite à images qui retracent les situations de la propagation de la désinformation et des messages de haine au sein de la communauté et qui proposent en même temps des solutions communautaires.
Pour finir, les habitants de Gbomboutou par la voix du Président de l’association ADA, Gredibert Borel, ont émis des recommandations pour l’amélioration des conditions de vie dans leur localité. En effet, Gbomboutou, a beaucoup de soucis et de défis à relever. D’abord, Il y a un sérieux problème de réseau téléphonique. Les réseaux Orange, Télécel et Moov sont très instables et quasi introuvables.
« Cette situation nous empêche d’avoir accès à internet et d’avoir des informations complètes. Des nouvelles fraiches ou des informations concernant nos familles de Bangui ne nous parviennent que le lendemain puis que nous sommes injoignables. Les taximotos nous apportent la majorité de nos informations. La majorité des temps le téléphone ne nous sert qu’à écouter la radio et la musique» explique le président de ADA.
Il souligne également que les jeunes de Gbomboutou ont besoin d’une de maison des jeunes ou autres infrastructures socio-culturelles pour leur permettre de réfléchir, et de se cultiver.
La localité n’a ni hôpital, les femmes accouchent dans la nature ou à la maison.
« On perd nos proches pour de simple paludisme en voulant les transporter à l’hôpital madame Domicien à Bimbo qui est à plus de 8 km. » témoignent-ils.
La localité ne dispose ni d’électricité, ni de points d’eau potable. Il n’y a pas d’école primaire ni lycée dans ce coin perdu.
« Le pire, Il n’y a pas des terrains destinés à ces infrastructures socio-communautaires. Nous implorons le gouvernement de pouvoir penser à nous construire ces infrastructures afin de permettre à l’essor de notre jeune localité. » souligne le Borel.
Il ajoute aussi qu’il n’y a pas de marché. Les gens qui cultivent le champ doivent sortir à Gara Ngbako ou au marché Bimbo pour vendre leurs produits champêtres.
Il convient de préciser que cette activité, a été organisée sur fonds propre du CJCLD. Elle s’est inscrite dans le dynamisme de sa vision de l’année 2023 qui consiste à sensibiliser au maximum les populations dans les périphéries de la ville de Bangui. Le CJCLD a ciblé 20 localités dans les périphéries de la ville de Bangui, cinq sont déjà couvert, il reste quinze localités à couvrir.
Le CJCLD

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