Sur les 164 millions d’enfants de moins de 5 ans non enregistrés dans le monde, plus de la moitié (environ 91 millions) vivent en Afrique, selon une nouvelle mise à jour statistique sur l’enregistrement des naissances en Afrique, publiée par l’UNICEF en partenariat avec la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations Unies.

Près de la moitié de tous les enfants africains de moins de 5 ans ne sont pas enregistrés, mais les niveaux varient considérablement selon les pays et les régions.

Une vingtaine de pays du continent sont sur la bonne voie pour parvenir à l’enregistrement universel des naissances d’ici 2030, conformément à la cible 16.9 des objectifs de développement durable (ODD). Cependant, une accélération substantielle serait nécessaire pour que l’Afrique dans son ensemble atteigne l’objectif.

« Un acte de naissance est un outil essentiel pour aider les enfants à accéder à leurs droits. C’est la base sur laquelle ils peuvent établir une nationalité, éviter le risque d’être apatride, accéder aux services sociaux et demander une protection contre la violence et l’exploitation », a déclaré Mohamed Malick Fall, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et australe.

Les enfants les plus pauvres d’Afrique continuent d’être laissés pour compte, l’écart d’enregistrement des naissances entre les enfants les plus riches et les plus pauvres s’élargissant sur deux décennies, notamment en Afrique centrale. Avec des progrès soutenus, l’Afrique pourrait continuer à voir diminuer le nombre d’enfants non enregistrés dans les années à venir.

« Les preuves dans le cadre des programmes soutenus par l’UNICEF à travers le continent le montrent : quelques interventions essentielles pourraient permettre de progresser vers la garantie du droit de chaque enfant à l’enregistrement des naissances, tel qu’il est inscrit dans la Convention relative aux Droits de l’Enfant », a déclaré Marie-Pierre Poirier, Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. « En jumelant l’enregistrement des naissances avec les services de santé néonatale et de vaccination, en veillant à ce que tous les enfants qui sont en contact avec ces services au cours de leur première année de vie soient également enregistrés, les pays pourraient voir leurs taux d’enregistrement des naissances augmenter de manière spectaculaire. »

La nouvelle mise à jour statistique est lancée à l’occasion de la réunion du groupe d’experts de la 6e Conférence des ministres africains responsables de l’état civil organisée sous l’égide de la Commission de l’Union africaine et de la CEA à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 24 au 27 octobre 2022.

L’identité légale pour tous en Afrique – à partir de la naissance – pourrait changer la donne en comblant le fossé identitaire mondial et en tenant la promesse de ne laisser personne de côté. L’UNICEF appelle les États membres de l’Union africaine à :

· Réviser les lois et les politiques pour supprimer toutes les dispositions discriminatoires et rendre l’enregistrement et la certification gratuits dans le délai légalement autorisé et au-delà.

· Adopter une approche de guichet unique pour l’enregistrement et la certification des nouveau-nés, qui soit entièrement interopérable avec les systèmes de santé et de vaccination, y compris dans les contextes humanitaires.

Adopter une approche progressive de la numérisation des systèmes, tout en adhérant à des pratiques sûres et innovantes basées sur une approche holistique pour assurer l’enregistrement civil universel de tous les événements vitaux et la gestion de l’identité.

Les objectifs de développement durable, adoptés en 2015, comprennent une cible dédiée (16.9) sous l’objectif 16 – à savoir, fournir une identité juridique à tous, y compris l’enregistrement des naissances, d’ici 2030. L’agenda des Nations Unies pour l’identité juridique, soutenu par l’UNICEF, appelle également à une approche holistique pour assurer l’enregistrement civil universel de tous les faits d’état civil, la production de statistiques vitales, ainsi que l’établissement et la tenue de registres de population et de systèmes de gestion de l’identité de la naissance à la mort.

Depuis l’adoption des ODD, de grands progrès ont été réalisés dans l’augmentation des niveaux d’enregistrement des naissances en Afrique, mais une accélération substantielle des progrès sera nécessaire pour tenir la promesse d’un enregistrement universel des naissances d’ici 2030.

UNICEF