Le cabinet du Ministère de la Justice a résonné ce mercredi, 8 avril 2026 d’une voix collective et déterminée : celle des femmes leaders de Centrafrique venues remettre officiellement leur plainte contre Gilles Ionel Gouandjika, accusé d’avoir proféré des propos jugés injurieux et attentatoires à la dignité des femmes centrafricaines. Face à elles, le Ministre d’État chargé de la Justice, Dr Arnaud Djoubaye Abazène, a réaffirmé la volonté du gouvernement de protéger les valeurs et l’intimité de la femme, considérées comme sacrées dans la République.

Depuis quelques jours, la République centrafricaine est secouée par une polémique née sur les réseaux sociaux. Gilles Ionel Gouandjika, fils du pays, a publié des propos jugés offensants envers les femmes, déclenchant une vague d’indignation. Pour le ministre Abazène, il ne s’agit pas d’un simple incident isolé, mais d’un symptôme d’une dérive sociale où les valeurs de respect et de dignité semblent s’effriter.

« La République ne saurait tolérer de tels propos visant à porter atteinte à l’intimité de la femme. Nos valeurs doivent être préservées et transmises à nos enfants », a martelé le Ministre, insistant sur la nécessité de tirer des enseignements de cette affaire.

La délégation, composée de représentantes de plusieurs associations et coordinations féminines, dont l’AFJC et l’AWLN, a exprimé son indignation et sa détermination à obtenir justice. Chantal Solange Touabena, membre de la coordination des femmes leaders, a pris la parole pour rappeler que l’atteinte à la dignité féminine est une atteinte à la nation tout entière :

« Trop c’est trop. Notre fils a franchi le Rubicon. Nous ne pouvons pas laisser les choses se faire de cette manière. La justice est un maillon de la paix. Si la justice n’est pas faite, il n’y aura pas de paix dans notre pays », a-t-elle déclaré avec gravité.

Au-delà de la plainte, les échanges ont mis en lumière une réflexion plus large sur la responsabilité des parents et de la société dans l’éducation des enfants. Le ministre Abazène a insisté sur le rôle des femmes, premières éducatrices, dans la transmission des valeurs de respect et de dignité. Il a également pointé la nécessité pour les familles de mieux encadrer les jeunes générations, afin d’éviter que les dérives verbales ou comportementales ne deviennent monnaie courante.

Chantal Solange Touabena a abondé dans ce sens, rappelant qu’autrefois, la communauté toute entière participait à l’éducation des enfants : « À l’époque, quand un enfant insultait, c’était la voisine ou la grande personne de passage qui le corrigeait. Aujourd’hui, les enfants se permettent d’insulter sans vergogne et les parents ne disent rien. »

L’affaire Gilles Ionel Gouandjika pourrait marquer un tournant dans la législation centrafricaine. Le ministre Abazène a annoncé avoir instruit son cabinet pour revisiter les lois existantes, notamment celles sur la liberté de la presse, le code pénal et la cybercriminalité. L’objectif : renforcer les sanctions contre les atteintes à la dignité et à l’intimité de la femme.

« La loi suit la fille de son temps. Le phénomène criminel a évolué. Nous devons prendre des dispositions spécifiques pour réprimer ce genre de choses », a-t-il expliqué, promettant l’élaboration d’une loi spécifique qui sera soumise à l’Assemblée nationale.

Au-delà de la dimension juridique, le ministre a mis en garde contre les risques de division et de manipulation que de tels propos peuvent engendrer. Il a appelé les femmes leaders à adopter une méthode encadrée par la loi afin d’éviter que leur mobilisation ne soit instrumentalisée par des acteurs mal intentionnés.

« C’est un fils de la République. On ne peut pas le mettre en dehors de la République. Mais si cela mérite des sanctions, la justice en avisera », a-t-il précisé, soulignant que la cohésion nationale doit rester une priorité.

Cette rencontre entre le gouvernement et les femmes leaders marque une étape importante dans la lutte pour la dignité féminine en Centrafrique. Elle illustre la volonté des femmes de ne plus rester silencieuses face aux offenses et de s’organiser pour défendre leurs droits. Elle traduit également l’engagement du gouvernement à adapter le cadre juridique aux réalités sociales et aux défis posés par les nouvelles technologies.

Le 8 avril 2026 restera comme une journée où les femmes leaders de Centrafrique ont affirmé haut et fort leur refus de l’humiliation et leur exigence de justice. En recevant leur plainte, le ministre Abazène a ouvert la voie à une réforme juridique qui pourrait renforcer la protection des femmes contre les atteintes verbales et numériques. Plus qu’une affaire judiciaire, c’est un combat pour l’avenir des valeurs centrafricaines qui s’engage.

Dieu Béni Anderson Kabou