Après le Mali, la Guinée Conakry, c’est au tour du Président Burkinabé, Roche Kaboré d’être évincé du pouvoir par une junte militaire.

Le Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba devient donc l’homme fort du pays des Hommes intègres. Ce putsch si elle est condamnée par les chancelleries étrangères, ce n’est pas le cas pour la population des pays de la Sous-région qui l’acclame et profite de cette occasion pour exprimer leur sentiment anti-français.

La démocratie bottée en touche en Afrique de l’Ouest?

L’Afrique de l’Ouest connaît une vague de coups d’Etat depuis ces dernières années. Le Mali a ouvert le bal, suivi de la Guinée Conakry puis cinq mois plus tard le Burkina Faso. Tous ces pays avaient un régime démocratique. Mais l’on comprend que le “mutisme” des autorités politiques face à l’insécurité née de la présence terroriste a motivé les militaires à s’arroger le droit de présider la destinée du pays.

Faudra comprendre que la situation en Guinée ne doit surprendre lorsqu’on sait que l’histoire du pays est emmaillée de putschs conséquence de la mauvaise gouvernance.

Cependant, au Mali et au Burkina, la population en colère n’avait plus confiance au pouvoir de Roch Kaboré tout comme celui d’IBK suite aux nombreuses attaques djihadistes. Les militaires manifestaient timidement leur sentiment d’être sous-équipés face à l’hydre terroriste, sous-payés voire sous-alimentés. C’est donc l’ensemble de ces facteurs qui justifient l’éviction des Présidents dans les deux pays cités.

Une fois au pouvoir, les militaires promettent le retour à l’ordre constitutionnel et le développement. Il s’agit d’un refrain très écouté en Afrique. Sera-t-il question de coups d’Etat salutaire?

Des condamnations sélectives de la CEDEAO et de la France. Clin d’œil de la Russie au Burkina:

Dans plusieurs Etats africains, la Françafrique est décriée. De la République Centrafricaine au Mali, en passant par la Guinée et le Burkina Faso, on assiste à des protestations contre la France et la présence militaire de Paris. Les Africains ne comprennent pas pourquoi la France et la communauté internationale mobilisent des Armées dans le Sahel pour lutter contre le terrorisme mais malheureusement que la criminalité ne fait qu’augmenter. Puis, l’on déplore que Paris ait fermé les yeux sur la transmission du pouvoir au Tchad au fils du défunt Deby et encourage en douceur la CEDEAO à prendre des sanctions politiques et économiques contre le Mali.

C’est donc face à cette méfiance des africains à l’ancienne métropole que la Russie, après avoir neutralisé les groupes rebelles en Centrafrique, trouve un terreau propice pour s’installer en proposant ses services aux pays en proie à l’insécurité pour reformer leurs Armées.

Déjà annoncée au Mali après la République Centrafricaine pour traquer les djihadistes, une note du leader du groupe Wagner salue le putsch au Burkina et qualifie le changement de régime en Afrique de l’Ouest comme une “nouvelle ère de décolonisation”.

Déjà sur le terrain, lors de la manifestation de soutien à la junte burkinabé, des manifestants ont exprimé ce sentiment anti-français en brandissant les drapeaux de la Russie et des messages hostiles à la présence de la France.

La politique de la France envers les pays africains nécessite aujourd’hui d’être recadrer afin de tenir compte des aspirations de la population.

Décidément l’actualité politique est très dynamique en Afrique de l’Ouest et la rivalité géopolitique entre l’Occident et la Russie se déplace de la République Centrafricaine à l’ouest du continent. Une menace à l’influence franco-occidentale. A qui la faute? 

Tous les pays, indépendants qu’ils soient, sont aujourd’hui libre de faire des choix stratégiques pour sa stabilité politique et sécuritaire.

Junior Max Endjigbongo