La problématique de la modification de la constitution de 30 mars 2016 qui défraie la chronique depuis plusieurs jours continuent de susciter de réaction. Ce mercredi 24 août, le comité de soutien universitaire a organisé, à l’Université de Bangui, une conférence-débat sur le thème : « regards croisés universitaires sur la problématique de la révision constitutionnelle ou de la rédaction d’une nouvelle constitution centrafricaine », en vue de donner des clarifications sur ce projet.

Cette conférence-débat a vu la participation de plusieurs centaines d’étudiants, d’enseignants d’Université de Bangui et des personnalités politiques proches du pouvoir. L’objectif recherché selon les initiateurs est d’apporter des clarifications sur la compréhension erronée des dispositions certains articles de la constitution du 30 mars 2016. Ce travail académique et universitaire selon les organisateurs, sera sanctionné par un ouvrage scientifique qui sera publié dans les revues scientifiques afin de préparer les futures générations.

Dr. N’duy Yabela, un des panelistes, le titre 15 de la constitution 30 mars 2016 a prévu des procédures de la révision de cette constitution. Selon lui, cette conférence-débat se veut un cadre d’échanges entre les enseignants chercheurs de l’Université de Bangui, les étudiants, les professionnels des droits et les leaders des partis politiques sur ce que dit le droit à propos de la révision constitutionnelle ou de la rédaction d’une nouvelle constitution. « Les hommes politiques ne voient que l’article 35 de la constitution qui porte sur le délai et la période du mandat présidentiel. Or, il y a d’autres dispositions qui nécessitent une révision que l’article 35 » a-t-il déclaré. Pour étayer son assertion, il a cité en exemple l’article 90 de la constitution qui traite de la composition des membres de la Cour constitutionnelle et des principes de parité.  « Il y’a des incohérences de forme, des anomalies de fonds qui nécessitent la révision, » a ajouté Dr. N’duy Yabela.

L’organisation de cette conférence-débat marque le début d’un cycle des conférences-débat sur les sujets d’actualité de manière régulière ou conjoncturelle lorsque les circonstances l’exigent. « L’Université doit se montrer ambitieuse. Elle doit assumer son rôle dans le monde. Il nous a paru opportun, dans le cadre de la nouvelle dynamique que nous comptons impulser à l’Université de Bangui d’organiser dorénavant des conférences-débat sur les préoccupations de l’heure. Après cette première conférence-débat sur la constitution de notre pays, s’en suivront d’autres sur les thèmes d’actualités : la crypto monnaie, la COVID-19, le réchauffement climatique dans les mois à venir » a déclaré le recteur de l’université de Bangui, Gérard Gresenguet.

Faut-il le rappeler, le comité de soutien universitaire n’est pas l’émanation du Mouvement cœurs unis comme pensent les observateurs socio-politiques. Il a été créé en 2015 pour soutenir les actions du président Faustin Archange Touadéra.

Pétrus Namkoina