La République centrafricaine (RCA) s’apprête à franchir une étape historique dans la modernisation de son système statistique agricole. Grâce au projet TCP/CAF/4002, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) apporte une assistance technique cruciale au gouvernement centrafricain pour la préparation du prochain Recensement National Agricole (RNA), une opération qui n’a pas été réalisée depuis 1985.
Ce recensement, prescrit tous les dix ans par les standards internationaux, vise à mettre à jour les bases de données agricoles, forestières, environnementales et sociales. Ces informations permettront au gouvernement de disposer d’outils fiables pour orienter ses politiques publiques et ses projets de développement rural.
Le soutien de la FAO s’articule autour de trois axes majeurs : Élaboration du document de projet : un texte de référence décrivant le contexte, la méthodologie, les ressources nécessaires et le calendrier de mise en œuvre. Conception des outils techniques : questionnaires, manuels d’instructions, plans de tabulation et outils numériques CAPI pour la collecte des données. Renforcement des capacités : formation de l’équipe nationale sur les logiciels statistiques, les systèmes d’information géographique (SIG) et la diffusion des données.
La première étape consiste à transférer aux cadres nationaux les connaissances fondamentales en concepts et définitions agricoles, afin qu’ils puissent prendre des décisions méthodologiques adaptées au contexte centrafricain.
Du 11 au 26 mai 2026, une session de formation de 12 jours s’est tenue à Bangui. Elle a réuni 35 participants, dont 18 agents issus des ministères de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Environnement, ainsi que de l’Institut centrafricain des statistiques, des études économiques et sociales (ICASEES).
L’atelier portait sur l’utilisation du logiciel QGIS, un outil libre et puissant pour le traitement et l’analyse des données cartographiques. Les participants ont appris à : Collecter et gérer des données spatiales. Élaborer des fonds de carte pour faciliter la collecte des données du recensement. Produire des analyses cartographiques utiles à la planification agricole.
Armand Bertrand Noudjeo, Directeur des statistiques au Ministère de l’Agriculture et du Développement rural :
« Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet TCP-CAF. Nous avons déjà formé les équipes sur les concepts agricoles, puis sur les logiciels CESPRO et STATA. Aujourd’hui, nous abordons QGIS pour l’analyse cartographique. Je constate que plus de 29 participants sur 30 ont maîtrisé l’outil. C’est une avancée majeure pour renforcer les capacités des cadres techniques. »
Il rappelle que le dernier recensement agricole date de 1985, alors que la norme internationale recommande une mise à jour tous les dix ans. Le retard de 40 ans est dû au manque de financement, mais le projet actuel vise à combler ce vide.
Josué Honoré Dasse, Consultant à la FAO :
« La formation prévue sur 10 jours s’est finalement étendue à 12 jours, avec 35 participants. L’objectif était de les préparer à travailler aux côtés des consultants internationaux. Leur engagement a été remarquable : aucune absence, une forte volonté d’apprendre et une maîtrise progressive des notions clés. »
Il souligne que certains modules n’ont pas pu être abordés faute de temps, mais des recommandations internes permettront de compléter les compétences acquises.
Le recensement agricole a pour but de : Mettre à jour les bases de données agricoles, forestières et environnementales. Fournir des informations fiables pour la prise de décision gouvernementale. Soutenir la planification de projets de développement rural. Renforcer la souveraineté statistique de la RCA.
Ce chantier est d’autant plus crucial que l’agriculture représente une part importante de l’économie nationale et constitue la principale source de revenus pour une majorité de la population.
Pour assurer le succès de la formation, plusieurs dispositions logistiques ont été mises en place : Une salle adaptée au nombre de participants. Services de restauration (pause-café et déjeuner). Système de sonorisation et tableaux à feuilles mobiles. Fourniture de bloc-notes et marqueurs.
Ces détails pratiques, bien que modestes, ont contribué à créer un environnement propice à l’apprentissage intensif.
Après cette étape de formation, il reste encore à organiser une session sur le bilan alimentaire. Ensuite, l’équipe nationale, avec l’appui de la FAO, développera la méthodologie complète du recensement.
Une fois les outils finalisés et le décret gouvernemental signé pour la mise en place des organes de recensement, la collecte des données pourra débuter. Elle sera suivie du traitement et de la publication des résultats, ouvrant la voie à une nouvelle ère de planification agricole en RCA.
La formation sur marque une étape clé dans la préparation du Recensement National Agricole. Elle illustre la volonté du gouvernement centrafricain et de la FAO de doter le pays d’outils modernes et fiables pour mieux comprendre et développer son secteur agricole.
Au-delà des compétences techniques, c’est une dynamique de confiance et de responsabilité qui s’installe, avec l’espoir que ce recensement attendu depuis 40 ans devienne enfin une réalité. Dieu Béni Anderson Kabou

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