Une situation qui inquiète les responsables et parents d’élèves de cet établissement scolaire. Quelles en sont les raisons et conséquences ? Les éléments de réponse avec Jean-Arsène Madoguéré, directeur de l’école Maïdou garçon qui lors de notre passage dans cette localité au mois de novembre dernier a accepté de répondre aux questions de l’Oubangui Médias.  

Oubangui Médias : Monsieur Jean-Arsène Mondonguéré bonjour ! Aujourd’hui près de trois mois de la rentrée scolaire quel est l’état de santé de l’école Maïdou garçon B que vous dirigez depuis quelques années ?

Jean-Arsène Mondonguéré : Bonjour monsieur le journaliste. Merci bien pour cette question, l’établissement scolaire Maïdou garçon se porte bien malgré quelques difficultés. C’est un grand établissement et la rentrée a été effective depuis le 18 septembre mais nous avons un sérieux problème d’enseignant qualifié. L’école n’est pas clôturée puisqu’elle se trouve en plein quartier, ce qui fait que les moto-taxi passent dans la cour même de l’école et nous enregistrons des cas d’accident suite à cette situation.

Oubangui-Médias : Votre établissement a combien de salle de classe pour combien d’enseignants?

Jean-Arsène Mondonguéré : L’école Maïdou compte 6 salles de classes pour deux enseignants qualifiés et des maitre-parents qui nous appuient depuis plus de trois ans.

Oubangui Médias : Mais le gouvernement centrafricain a interdit le phénomène des maitre-parents sur toute étendue du territoire comment expliquez-vous ce rétropédalage à votre niveau? 

Jean-Arsène Mondonguéré : Très belle question. Comme je vous ai dit, nous avons au total 6 salles de classes pour deux enseignants titulaires reconnus par l’Etat. Et nous avons eu pour cette année 985 élèves. Alors si l’on ne fait pas recourt à ces enseignants maitre-parents qui sont tous des ressortissants l’Ecole Nationale d’Instituteur (ENI) de Bambari qu’allons-nous faire des autres sections ?  Voilà pourquoi, en commun accord avec les parents d’élèves, nous avons décidé de solliciter ces maitre-parents afin de prêter main forte à nos enfants.

Oubangui Médias : Mais comment faites-vous pour payer ces maitre-parents?

Jean-Arsène Mondonguéré : Chaque fin du mois, nous demandons aux parents d’élèves de cotiser 200 FCFA par élève ce qui nous permet de faire un geste symbolique à ces enseignants qui prêtent mains forte à cet établissement scolaire.

Oubangui Médias : Selon des informations en notre possession, il y a un taux élevé de déperdition scolaire des filles ici à Bambari. Confirmez-vous cela ? Et si oui qu’est-ce qui justifie ce taux élevé ?

Jean-Arsène Mondonguéré : Effectivement chaque année une dizaine de filles dont leur âge varie entre 14 à 16 ans abandonnent les études parce qu’elles sont enceintées. Une situation qui pénalise certaines de ces filles qui sont obligées d’abandonner.

Pour mettre un terme à cette pratique, nous avons décidé avec le concours des parents d’élèves de faire une sensibilisation dans les radios locales et en vue réduire cette pratique ici à Bambari. Nous sommes limités par nos moyens pour poursuivre des sensibilisations dans les quartiers et villages voisins. C’est pourquoi, nous sollicitons l’appui des ONG dans ce sens.

Oubangui Médias : Selon vous quelles en sont les conséquences?

Jean-Arsène Mondonguéré : Ce que nous déplorons, ce que nous n’aurons pas assez  de main d’œuvre qualifiée des femmes dans l’avenir. Alors que le pays milite pour la scolarisation des filles et la promotion de la gente féminine.

Oubangui Médias : Autre chose monsieur le Directeur, nous avons remarqué que les élèves qui viennent, apportent avec eux des fagots. A quoi servent ces fagots ?

Jean-Arsène Mondonguéré : Une fois de plus merci pour cette question. Vous êtes sans ignorer que le pays a traversé des dures épreuves ce qui fait que certains élèves ont abandonné les bancs de l’école. Nous avons en partenariat avec le PAM mis en place une politique en vue d’encourager ces élèves à revenir. Donc, le PAM nous nous livre des sacs de soja et la contribution des élèves c’est d’apporter chaque lundi une pièce de fagot nous permettant de leur préparer de la bouillie à la fin de l’heure. Et sans vous mentit, celle-ci à porter du fruit, cette politique de cantine scolaire.

Oubangui Médias : Quelles sont des difficultés que vous rencontrées en plus ces problèmes soulevés ci-haut?

Jean-Arsène Mondonguéré : Nous avons ce problème des tables bancs. Normalement, dans les salles de classes, il devrait avoir au moins 50 tables bancs. Nous nous sommes retrouvés avec moins de 25 tables bancs. Ce qui ne favorise pas une bonne condition d’apprentissage à nos élèves. Mais nous osons croire que le gouvernement va nous venir en aide puisque l’éducation fait partie des priorités du chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra.

Oubangui Médias : Monsieur le directeur, nous vous remercions

Jean-Arsène Mondonguéré : C’est à moi de vous dire merci pour l’opportunité que vous m’avez offerte de parler de notre établissement et nous avons la forte conviction que le chef de l’Etat qui est un enseignant va aider les élèves de l’école Maïdou afin qu’ils puissent apprendre dans des bonnes conditions. 

Interview réalisée à Bambari par

Christian-Stève Singa