Centrafrique : Boali, ville d’accident ?

La ville de Boali, chef-lieu de la préfecture de l’Ombella-M’poko distant de 95 km de la ville de Bangui, est devenue ces derniers temps le théâtre de multiples cas d’accident de la circulation routière.

Depuis le 10 septembre dernier jusqu’en ce moment, un jour ne se passe sans qu’on ne parle d’un cas d’accident routier sur l’axe  Boali Garoua- Boulai.

Pour la  petite histoire, le 10 septembre dernier, le bus commercial Avenir Express Centrafrique a fait un accident sur la falaise de Kassango où on dénombre plusieurs morts et blessés. Selon le chiffre rendu public par Dr Martin Zekana, médecin chef de l’hôpital secondaire de Boali, il y’ a au total 13 morts et 40 blessés recensés par son institution.

Peu après le 12 septembre, une remorque en provenance de Yaoundé, est tombée à la même place de l’accident survenu le 10 de ce mois et n’a fait aucune victime.

Le 13 septembre, un gros camion transportant les sables pour l’usine de l’ENERCA, supervisée par les chinois, a fait un accident à l’entrée de la chute de Boali et l’apprenti chauffeur a eu une fracture à la jambe gauche.

Pas plus tard que le 20 septembre dernier, deux mototaxis portant une dizaine de personnes sont entrées en collision au village Gbamian situé à 13 km de Boali et le bilan fait état de plusieurs blessés graves évacués à Bangui et la mort d’une femme enceinte avec son futur bébé.

Tous ces cas cités ci-dessus ne sont que des exemples parmi tant d’autres. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène.

Selon nos informations, certains conducteurs roulent à vive allure, car ils consomment parfois des boissons alcoolisées ou des chanvres indiens. « Nous lui avons dit d’aller doucement mais il a refusé raison pour laquelle je suis en ce moment dans cet état », avait confirmé à Oubangui Médias une accidentée qui suit les soins médicaux à l’hôpital secondaire de Boali.

Certains passagers interrogés par Oubangui Médias, accusent les forces de l’ordre et de sécurité installées sur les différents postes de contrôle qui ne font pas leur travail comme il se doit. L’exemple patent est celui du bus commercial Avenir Express Centrafrique qui a transporté plusieurs passagers qui occupent même les places réservées aux marchandises. « Si le vrai contrôle a été effectué, ce cas d’accident n’allait pas produire à la falaise de Kassango », commente un habitant de Boali.

Cette question  a été soulevée lors d’un atelier de renforcement des capacités des forces de sécurité de la localité sur les dangers de la détention illégale d’armes de guerre organisée par la Commission Nationale de Lutte contre les armes légères et de petits Calibres « COMNAT ALPC »  à l’hôtel de Ville de Boali la semaine dernière où celles-ci prennent acte de cette remarque et promettent de corriger ces erreurs.

Pour votre information, l’engin le plus répandu dans la ville de Boali et ces environs est la moto taxi. Mais, elle commet beaucoup  de cas d’accident routier dans la zone.

Donc chaque jour, l’hôpital secondaire de Boali, ne cesse de recevoir les blessés causés par l’accident de la circulation routière.

Si le ministère des transports et de l’aviation civile ne veille pas sur ce tronçon, les Centrafricains continuent de pleurer et d’enterrer leurs parents car en l’espace d’une semaine, on enregistre déjà quatre cas d’accident routier dont les blessés graves et les morts.

De son côté, la population appelle à plus d’actions et surtout durables pour éviter des cas d’accidents sur la falaise de Kassango. Cette falaise a déjà fait plusieurs victimes. Des années écoulées, rien de concrets se fait pour éviter les accidents sur ce tronçon.

Judes Romain Koualet.