La Centrafrique a, en effet, besoin d’une énergie propre, abordable et fiable pour répondre à la demande de la population en forte croissance et de son industrialisation.

L’énergie est l’un des vecteurs incontournables favorisant le développement d’un pays. Cependant, à ce jour, le taux d’accès à l’électricité fournie par l’Energie Centrafricaine (ENERCA) reste le plus faible en Afrique Centrale.  Ce secteur de l’électricité est caractérisé par des infrastructures inadéquates, un cadre politique et réglementaire faible ainsi qu’un service public qui peine à recouvrer ses coûts et donc à maintenir et développer ses services. Seule 14,3 % de la population centrafricaine (environ 6 millions d’habitants), a accès à l’électricité, avec des taux allant d’environ 35 % à Bangui la capitale à environ 0,4 % dans les zones rurales.

Malgré quelques efforts déployés par le gouvernement afin de développer le secteur de l’énergie en Centrafrique, les centrafricains ne sont toujours pas satisfaits du service qu’offre l’ENERCA. La gestion de la distribution de l’électricité et surtout le délestage à répétition font souvent l’objet des plaintes des clients. Toutefois, l’ENERCA de son côté pointe du doigt le vol, le vandalisme de ses installations par certaines personnes mal intentionnées. Des quartiers peuvent rester trois mois sans électricité à cause de phénomène. Ce comportement entrave réellement le bon fonctionnement de cette société et par ricochet freine l’élan du développement du pays.

En plus de l’électricité qui n’est pas distribué à toute la population, le secteur de l’énergie connait des crises récurrentes chaque année, en saison sèche. La pénurie de carburant que le pays enregistre chaque année n’est qu’un frein au développement des petites et moyennes entreprises qui doivent recourir aux générateurs pour faire fonctionner leurs entreprises.

L’appui des partenaires dont la Banque mondiale pour relever ce secteur

Devant ce problème, la Banque mondiale s’est engagée à soutenir ce secteur afin d’augmenter le taux d’accès  de la population à 50% de l’électricité d’ici 2030. Un financement additionnel de 138 millions de dollars US a été approuvé en juin dernier pour augmenter l’accès à l’électricité.

Le Projet d’Accès et de Renforcement du Secteur de l’Electricité (PARSE) cible une mise à niveau de la production solaire et du réseau de transport et de distribution pour l’intégration des énergies renouvelables et l’amélioration de l’accès. Cette composante passe par la fourniture et l’installation de cinq mini-réseaux totalisant 10 mégawatts pour  20 000 ménages dans les villes de Nola, Bouar, Bossembele et Bangassou. Il est aussi question du renforcement du réseau de transport, de la construction, de la réhabilitation et du raccordement de 20 000 ménages de la ville de Bangui et alentours par l’expansion de la capacité du champ solaire de Danzi de 25 mégawatts à 40 mégawatts.

Le projet  prévoit également la mise à disposition de systèmes solaires hors réseau au profit des ménages, de 300 établissements scolaires, de 300 centres de santé, d’une centaine de bâtiments administratifs et l’adaptation de 100 fontaines communautaires à des systèmes solaires. Enfin il s’agit d’améliorer les performances et renforcer les capacités de l’ENERCA et de fournir l’espace nécessaire pour des réponses rapides aux catastrophes ou aux crises sanitaires et protéger les moyens de subsistance de la population.

Quelques réalisations du gouvernement

Le gouvernement Centrafrique souligne qu’à travers l’appui de la BGFI-Bank, il a ainsi réhabilité et agrandi les installations techniques de l’ENERCA dont celle de Gobongo.

Déjà, avec l’appui des partenaires et du gouvernement, la capacité de la Centrale hydroélectrique de Boali 2 a été augmenté de 10 à 20 mégawatts portant la puissance du système interconnecté Boali-Bangui à 28 mégawatts ;

Au total quatre (4) nouveaux groupes thermiques d’une puissance totale de 10 mégawatts, pour une capacité de 18 mégawatts ont été inaugurés en 2021.

« La situation s’améliorera cette année avec la finalisation des projets de construction des champs solaires de DANZI d’une puissance de 25 mégawatts et de SAKAÏ de 15 mégawatts, ces deux projets financés grâce aux partenaires dont la Banque mondiale », avait déclaré le président Centrafricain Faustin Archange Touadera lors de l’an un de son deuxième mandat le 30 mars 2022.

En effet, Toutes ces réalisations auraient permis d’améliorer la production et la distribution de l’électricité dans la ville de Bangui et ses environs. Mais la situation semble être encore un chemin de la croix pour les usagers, affectant un peu plus les entreprises.

La Centrafrique doit miser sur le développement de l’énergie solaire pour augmenter la capacité de production en électricité afin de répondre aux besoins de la population.

Fridolin Ngoulou