L’école primaire Kogbokou, située à quelques kilomètres du village de Poto-Poto, dans la commune de Bangui Fleuve, fait face à un défi majeur : le manque de tables-bancs et d’infrastructures adaptées. Une situation qui met en péril la qualité de l’enseignement ainsi que le bien-être des élèves.

Les enfants de cette école, qui proviennent d’une région encore sous-développement, étudient dans de conditions précaires. Les bâtiments, vieux et en mauvais état, ne suffisent plus à accueillir tous les élèves dans des conditions adéquates. Les murs, rongés par le temps, ne protègent plus efficacement contre les intempéries, et les toitures, parfois abîmées, laissent passer la pluie.

Ces désagréments ne sont pas seulement un inconfort, ils font partie du quotidien des élèves et des enseignants qui tentent avec courage, d’assurer la scolarité dans des conditions difficiles. Le problème principal reste l’absence de mobilier scolaire adéquat. Les classes sont souvent bondées, avec des élèves qui n’ont ni bancs ni tables pour étudier correctement. Les plus jeunes doivent s’asseoir par terre, partageant parfois un seul livre entre plusieurs camarades. Cette situation rend l’apprentissage difficile et inégalitaire. Les élèves, privés des outils nécessaires pour leur éducation, sont forcés de s’adapter, mais cette résilience a ses limites. A éprouvé un des parents d’élèves sous couvert d’anonymat: « A chaque fois que j’envoie mon enfant à l’école, et, dès son retour, il est complètement couvert de saleté comme s’il sortait de la porcherie. Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle une école. Mais plutôt une débrouillardise. Il faut dans ce cas, que le gouvernement nous trouve un palliatif aussi vite que possible. Sinon, je risque fort de le retenir à la maison ».

Les enseignants, bien que motivés par la passion de transmettre le savoir, sont également confrontés à un environnement de travail peu propice. Leur bureau est souvent un simple espace à côté de l’estrade, sans le matériel pédagogique moderne qui pourrait faciliter l’enseignement. Ils se battent chaque jour pour maintenir la discipline et assurer un enseignement de qualité, mais sans les ressources nécessaires, leurs efforts risquent de ne pas être suffisants pour lutter contre la pauvreté scolaire.

Olivier Simba, enseignant en classe de CF1: « Quand je vois la condition dans laquelle ces enfants étudient, c’est lamentable. Regardez par vous-même, les enfants étalent à même le sol pour faire court. Et parfois, ils s’assoient à même cinq sur une table banc. Tel que je sache, 30 ou 40 élèves devrait suffire pour une salle de classe mais tel n’en est pas le cas. Nous totalisons près de 300 élèves par salle ».

La situation à Kogbokou n’est malheureusement pas un cas isolé. Dans plusieurs écoles rurales du pays, le manque de mobilier et d’infrastructures adaptées persiste, créant une barrière invisible à l’éducation. Les élèves se retrouvent pris au piège dans un système qui ne leur offre et ne leur laisse pas le choix et les moyens de réussir.

Le manque d’infrastructures adéquates est également un frein au développement de la région. L’éducation est la clé pour sortir de la pauvreté, mais lorsqu’elle est compromise par un environnement aussi difficile, les enfants perdent non seulement leur chance d’accéder à une éducation de qualité, mais aussi la possibilité de contribuer à l’avenir de leur communauté.

Les autorités locales et les organisations humanitaires ont commencé à prendre conscience de la situation. Cependant, les efforts sont encore insuffisants pour remédier à cette pénurie de mobilier et d’infrastructures. Des dons de meubles et des projets de construction d’écoles sont nécessaires pour améliorer la situation. Mais au-delà de l’aide ponctuelle, il est crucial d’adopter des solutions durables pour permettre à ces écoles de se développer et d’offrir un avenir meilleur aux générations à venir.

Une situation qui inquiète Blandaire Grebi-mbele, directeur de cet établissement: « on avait bénéficié d’un bâtiment financé par la banque mondiale en nous promettant de nous apporter 54 table bancs mais malheureusement ils sont partis pour de bon. Et donc en tant que directeur de cet établissement, je demande au gouvernement qui est le seul en est capable de prendre ces responsabilités en main et de nous envoyer les enseignants qualifiés pour la réussite des enfants de ce village ».

Créée en 1968 par un pêcheur, d’où l’appellation Kogbokou, cette école reste le symbole des défis de l’éducation rurale, nous rappelle l’importance de l’investissement dans l’éducation pour bâtir un avenir solide et équitable pour tous. La situation actuelle appelle à une solidarité accrue et à un engagement renforcé des autorités et de la communauté internationale pour redonner aux enfants de cette région, et de bien d’autres, les moyens de rêver et de réussir.

Héritier Pappus BVIII