Monsieur Victor Bissekoin, gouverneur de la région du Haut Oubangui, une région qui regroupe trois préfectures à savoir la préfecture du Mbomou, Haut-Mbomou et Basse-Kotto a fait la situation générale de sa région lors d’une interview accordée par Oubangui Médias le Jeudi, 13 Mars 2025 à Bangassou.

Oubangui médias : Monsieur le Gouverneur Bonjour, vous êtes nommé à la tête de la région N°6 du Haut Oubangui depuis presque six mois. Dites-nous quels sont les principaux défis auxquels votre région est confrontée ?

Victor Bissekoin : Bonjour Monsieur le journaliste. Certes ça fait presque six que je suis en pleine fonction du gouverneur de la région de Haut Oubangui et préfet de Mbomou. Vous savez après la crise qui a secoué le pays, beaucoup d’indicateurs sont rouges. Je suis arrivé, j’ai pris mes fonctions et les défis sont énormes. Mais on peut citer que les principaux à savoir la voie d’accès, la voie d’accès routière pose quand-même de sérieux problème pour relier le chef-lieu Bangassou aux autres chefs-lieux des préfectures parce que la région est composée de la préfecture du Mbomou, Haut Mbomou et Basse-Kotto. Ce n’est pas facile de joindre ces deux autres préfectures à cause de l’état de dégradation avancée de la route. L’autres défis c’est que si à Bangassou, on a un peu de quiétude. Mais ce n’est pas la même chose par exemple dans la Basse-Kotto beaucoup plus dans la préfecture de Mingala où on trouve encore quelques malfrats qui font un peu du tort à la population. Les accès qui doivent relier chaque chef-lieu à ses sous-préfectures posent quand-même de sérieux problème. Toujours en terme de défis, nous avons aussi des malfrats qui sont au niveau de la commune de Pombolo et au niveau de la sous-préfecture de Obo dans le Haut Mbomou. D’autres défis c’est les agents de l’État que j’ai trouvé en poste éprouvent d’énormes difficultés de moyens de travail. Ils éprouvent d’énormes difficultés en terme logistique pour leur permettre de faire le tour de la préfecture et ramener l’administration auprès de la population. Ce sont là les grands défis que j’ai trouvés mais, qu’ils ne doivent pas faire peur à quelqu’un.

Oubangui Médias : Vous êtes l’autorité administrative de la région du Haut Oubangui, dites-nous quelle est la situation sécuritaire dans cette région qui regroupe trois préfectures ?

Victor Bissekoin : La sécurité c’est une question qui est nationale, la sécurité revient progressivement. Mais il faut reconnaître quand-même qu’il y a quelques poches d’hommes en parlant le cas de la sous-préfecture de Mingala, de Pombolo et de Obo. Vous savez la crise c’est comme une attaque brusque. Quel que soit le soin du docteur donne, le malade ne se guérit pas aussi brusquement, c’est progressif. Nous avons confiance qu’avec le redéploiement permanent de nos forces de défense de de sécurité, nous allons jubiler un jour cette situation d’insécurité qui prenne de l’ampleur dans la région. Donc soyez rassurer que la population déjà, malgré ces situations a repris le chemin de leur activité habituelle. L’agriculteur, il va dans son champ, le pêcheur est sur le fleuve, le chasseur est rentré dans la brousse, les miniers repartent. Parce que quand vous voyez bien, les personnes de mauvaise foi n’ont même pas une ambition politique. Ce sont que des voleurs et ils trouvent que c’est au niveau de mine qu’ils peuvent trouver ce qui leur faut. Mais d’une manière globale, les activités socio-économiques reprennent progressivement.

Oubangui Médias : Quel bilan faites-vous à travers le service socio essentiel de base notamment l’éducation, la santé, les services de justice dans la région et à Bangassou en particulier ?

Victor Bissekoin : Vous savez après la crise qui a secoué le pays, certaines zones du pays manquent d’infrastructures par conséquent manquent du personnel. Mais pour les activités sociales de base en tout cas la santé fonctionne très bien même si leur plateau technique n’est pas suffisant, toutes les formations sanitaires fonctionnent très bien dans la région. L’école a ouvert toutes ses portes même si quelques enseignants traînent à venir soit pour deux raisons, vous savez pour venir à Bangassou si ce n’est pas le vol de la Minusca, il serait difficile aux fonctionnaires de venir à de l’état de la route très dégradé et le coup à payer parce qu’en ce moment pour relier Bangui-Bangassou, il faut 50 000 FCFA par passager. Il n’est pas donné à tout le monde de disposer de ce moyen. Autre point aussi, il y a des fonctionnaires qui ont même ces possibilités mais peut-être pour des raisons propres à eux refusent de venir.

Mais ils doivent savoir qu’ils sont des commis de l’État et ils sont appelés à aller là où l’État les affecte, ils ne doivent pas avoir le choix des lieux de travail. Donc l’école, la santé et les autres services y relatifs fonctionnent bien même l’administration fonctionne bien même si les fonctionnaires et agents de l’État éprouvent quelques difficultés de logistiques et de bureautiques.

Le service de justice, c’est un problème. Il faut que je vous le dise très sincèrement depuis que je suis arrivé, il n’y a que le procureur que j’ai trouvé en poste. Nous n’avons pas de président du tribunal, on m’aurait dit qu’il serait malade à Bangui. On a un greffier mais il ne peut pas prendre les affaires sans le président. Donc pour l’instant, on a qu’un seul procureur c’est pour vous dire qu’il y ait un problème de ce côté. Paraîtrait -il qu’il y a eu des affectations mais si c’est le cas, les gens n’ont pas regagner leurs postes et ça j’en appelle à la haute diligence du Ministre d’État en Charge de la Justice de se préoccuper de ces populations pour que les magistrats regagnent leurs postes. Il y a beaucoup de dossiers, y a beaucoup des gens qui sont gardés à vue hors délai parce que les tribunaux ne peuvent pas se tenir en absence du président de tribunal, l’équipe n’est pas complète en un mot.

Oubangui Médias : Quels sont les efforts faits pour renforcer l’autorité de l’État dans la région ?

Victor Bissekoin : l’État a fait beaucoup d’efforts pour marquer sa présence auprès de sa population, il y a le redéploiement de l’autorité de l’État qui est accompagné par la Minusca. Chaque vol de la Minusca au moins sur l’ensemble du pays, il y a au moins les fonctionnaires de tous les départements confondus qui sont transportés de Bangui à leur poste. Donc l’État est maintenant présent sur le terrain. Tous les services déconcentrés de l’État sont fonctionnels. La Minusca appuie l’État surtout dans le cadre de redéploiement des fonctionnaires à leurs postes et les appuie matériellement pour leur permettre de créer une bonne condition de travail. L’État redéploye même les forces de défense et de sécurité pour garantir la sécurité des citoyens.

La sécurité est d’abord individuelle avant d’être collective. L’État reste le grand garant de la population, l’État a l’obligation de créer des conditions de vie de sa population. Nous sommes un pays a post conflits. Il nous faut du temps pour remettre progressivement les choses à l’ordre. Le Gouvernement et la Minusca suite aux accords qu’ils ont signé entre eux, interviennent à travers les différentes sections qui les composent. La Minusca intervient par des projets ou des points précis pour pouvoir appuyer le gouvernement. Par exemple dans le cadre du DDRR, la Minusca intervient par des micros projets pour pouvoir permettre aux personnes concernées de se redéfinir, de se prendre en charge. 

La Minusca appuie, par exemple la Minusca fournit le déploiement interne aux fonctionnaires qui veulent regagner leurs postes. Prenons le cas de l’enrôlement sur le fichier électoral qui en cours, c’est la Minusca qui est déployé les matériels lourds de Bangui à leur base, de leur base, elle a mis la logistique en place pour amener ces matériels dans les chefs-lieux des sous-préfectures qui vont être à leur tour dispersés dans les bureaux de vote. La Minusca ne s’est pas arrêté là, elle participe avec nos forces de défense et de sécurité à la sécurisation des opérations d’enrôlement sur la liste électorale. C’est un cas que je pourrais donner de l’appuie que la Minusca a fait et dernièrement aussi la Minusca a offert un lot de bureautiques et de moyens logistiques aux responsables provinciaux, ça c’est un appui très important qu’il faut le relever et dire. Donc la Minusca est à l’écoute du peuple et nous responsables de la politique intérieure du pays. La Minusca agit seulement la demande du gouvernement. Si on a des partenaires qui nous appuient, essayons de ménager leurs images.

Oubangui Médias : Sur ce, nous vous disons merci.

Victor Bissekoin : C’est moi qui, vous remercie.

Interview réalisée par Dieu Beni Anderson Kabou de retour de Bangassou