Depuis la nuit des temps, le Centrafrique est aussi reconnue dans le monde à travers ses objets d’art. Une opportunité qui présente un visage luisant de la RCA sur le plan international.

Sur le tronçon du quartier Carrière en allant vers celui de Padre Pio, se trouve un atelier des professionnels de fabrication des objets artisanaux. Sous les palmiers qui bordent leurs ateliers, ces sculpteurs  mettent en  valeur les objets d’art. A base des bois spécifiques, ils fabriquent  des animaux sauvages, des femmes qui portent une calebasse sur la tête, revenant  de la source ou encore l’image d’une femme taillée à mi- moitié en cheveux tressés qui symbolise l’image d’une femme africaine. On retrouve également  la carte de la RCA bien taillée comme objet artisanal.

Hériter auprès de ses oncles maternels, en poursuivant dans une école de formation dans ce domaine au niveau national et international, le chef de cet atelier, Jean Eloi Sidiki, âgé de 50 ans et père de six enfants relate : « J’avais commencé ce métier dans ma famille maternelle en étant tout petit. Ensuite, j’ai eu l’occasion de passer une formation en la matière au séminaire des Pères Carmes de Yolé à Bouar, puis au Cameroun. Tous les objets d’art sont fabriqués à base des bois comme ébène, le bois de thèque ou encore de l’iroko ».

 Au sein de l’atelier, le propriétaire a embauché dix ouvriers.  « Le métier d’ébéniste me fait gagner de l’argent. C’est grâce à cela que je paie le loyer, la scolarisation de mes enfants et je prends soin de ma famille », a témoigné Martin Digousse l’un d’entre eux.

Un sentiment partagé par Cyprien en ces termes « J’ai totalisé 22 ans en tant qu’ébéniste car j’étais  encore élève en classe de 4em quand j’avais eu la chance d’apprendre et de commencer d’exercer ce métier. Je ne cache pas ma satisfaction en terme d’avantage que j’ai gagné dans ce métier ».

Cependant, comme dans toute profession, celle d’ébéniste se confronte aussi à des difficultés.    « Nous rencontrons des problèmes en termes des matières premières qui nous servent à la fabrication de nos produits artistiques.  Souvent, il y a de l’incompréhension entre nous et les autorités forestières à cause des bois que nous utilisons dans ce domaine », a raconté Jean Eloi Sidiki. «  Il est important que les jeunes désœuvrés qui passent leur temps à côté des jeux de damier, de Ludo ou de Kissoro apprennent des métiers de ce genre qui pourront leur permettre de gagner leur pain quotidien » a-t-il ajouté.

Les œuvres d’arts font partie de l’identité culturelle africaine. Plusieurs pays d’Afrique de l’ouest à l’exemple du Mali et de Burkina Faso ne cessent de se battre pour la valorisation de leurs  objets artisanaux en demandant aux pays européens  comme la France de restituer leurs objets volés pendant la colonisation. Il est temps aussi pour que la République centrafricaine s’aligne derrière cette politique afin de promouvoir la valeur culturelle centrafricaine qui est une aubaine en matière du tourisme, l’un des vecteurs du développement.

Wilfried Bouba