Le Bureau de la Cour Pénale Internationale (CPI) de la Centrafrique a lancé samedi 19 juin 2021, une exposition dénommée de « l’Ombre à la Lumière ». Ceci pour rendre hommage aux victimes de violence sexuelle, à l’occasion de la Journée Internationale pour l’Elimination de la Violence Sexuelle dans les Conflits.

Cette exposition de deux semaines, organisées à la Maison des Mémoires à Bangui,où l’art est utilisé pour aider à réduire la douleur, et à guérir les cicatrices à travers un vernissage de la peinture de l’artiste centrafricain, Didier Kassaï.

Même si ce Vernissage est restreint en raison de la Covid-19, le symbole de cette activité parait grand, dans ce contexte où les violences sexuelles se poursuivent en ce temps de conflit que la Centrafrique traverse.

« Votre présence ici témoigne de votre engagement à faire sortir de l’ombre à la lumière la réalité de la violence sexuelle dans les conflits armés en République centrafricaine. Le 19 juin, est seulement une journée de l’année. La violence sexuelle dans les conflits est la réalité de la vie quotidienne ici. La violence sexuelle dans les conflits armés est un crime de guerre. Et la Cour Pénale International le reconnaît comme tel », a déclaré Mike Cole, Représentant pays de la CPI.

Des mots forts pour les victimes

Euphrasie : « Aux hommes qui prennent les armes et qui prennent les femmes pour des instruments de guerre, il faut arrêter cela. Nous sommes vos mères, vos sœurs, vos femmes, alors regardez-nous et traitez-nous comme des êtres humains.»

Aicha : « Il faudra ensuite que la Justice soit rendue assez vite. Car, plus vite justice sera rendue, plus vite nos cœurs seront apaisés et la douleur que nous ressentons, s’amoindrira.».

Flora : « Ce que je peux dire à mes compatriotes, c’est de ne pas baisser les bras et de réclamer justice en se rapprochant de la CPI. Il ne faut pas abandonner ni se décourager.»

Aîchetou : « Les femmes souffrent énormément. Durant les événements tragiques, ce sont les femmes qui souffrent. Certes les hommes aussi, mais les femmes, beaucoup plus.».

Rappelons la violence sexuel lors des conflits occasionne des multiples crises  mentales chez les victimes. A cet effet,  même si la justice est sur le chantier, un appui psychologique à caractère thérapeutique s’avère indispensable pour faciliter le rétablissement complet chez les victimes. Il est nécessaire que le gouvernement et les organisations internationales mettent un accent particulier sur ce côté pour éviter le pire à moyen ou à long terme.

Fridolin Ngoulou