À seulement 24 ans, Josiane Tambassoua fait partie de cette nouvelle génération de jeunes Centrafricains qui veulent réussir autrement.
Née en 2002, Josiane Tambassoua, de nationalité centrafricaine, s’est intéressée à l’agriculture dès l’âge de 10 ans grâce à sa mère. Très vite, après son initiation, son amour et sa passion pour ce secteur ont grandi rapidement.
« J’ai arrêté l’école en classe de troisième et je me suis directement lancée dans l’agriculture. La vie a été un peu difficile et ce n’était pas mon choix d’abandonner l’école si tôt. Comme c’était le domaine de ma maman, c’est elle qui m’a montré cela. Je voyais quelqu’un faire du maraîchage à côté et cela m’a beaucoup plu. Je lui ai demandé de m’orienter. J’ai commencé l’agriculture en 2020. En 2023, j’ai créé mon entreprise et j’ai commencé petit à petit. Aujourd’hui, en 2026, j’ai intégré la Maison de l’entrepreneuriat. C’est grâce à cette structure que j’ai été orientée et que j’ai eu l’opportunité de participer à ce concours. Avant, ce n’était pas du tout facile », explique-t-elle.
Malgré sa motivation, les débuts n’ont pas été simples. Son rêve était de devenir médecin. Mais confrontée à des difficultés scolaires, elle a abandonné ses études en classe de troisième. Aujourd’hui, elle affirme être devenue, à sa manière, une « docteure de l’agriculture ».
« Je me suis vite adaptée. Quand j’ai commencé avec une dizaine de planches de culture, je pouvais gagner entre 100 000 et 150 000 francs CFA. Je me suis alors dit que l’agriculture était une bonne chose. Mon rêve était de devenir médecin. J’étais forte en mathématiques et je voulais même devenir médecin. Mais comme les études ne m’ont pas permis de réaliser ce rêve, je me suis dit qu’il valait mieux devenir docteure en agriculture, en faisant quelque chose de concret », confie-t-elle.
Dès l’âge de 19 ans, Josiane Tambassoua a commencé à prendre des initiatives personnelles. Elle a ainsi créé son entreprise dénommée « Kobe Kozo Ni Si », qui signifie en français « la nourriture avant tout ».
À travers cette entreprise, elle mène plusieurs activités entrepreneuriales dans les cultures vivrières et maraîchères. Elle produit notamment du maïs, du manioc, de la tomate, du piment vert, du chou et de la pastèque.
Dans un pays où l’économie repose en grande partie sur l’agriculture, la jeune entrepreneure ambitionne de produire et de fournir des produits locaux de qualité.
« Ce qui m’a beaucoup poussée dans l’agriculture, c’est le constat que nous ne produisons pas suffisamment de produits locaux de bonne qualité. Souvent, ce sont des étrangers, notamment des ressortissants d’Afrique de l’Ouest, qui viennent faire l’agriculture ici et gagnent beaucoup d’argent grâce à la qualité de leurs produits vendus dans les supermarchés. Pourtant, notre terre est bonne. Moi, j’ai compris la valeur de la terre grâce à ma maman. C’est ce qui nous faisait vivre auparavant », souligne-t-elle.
Josiane Tambassoua nourrit également l’ambition de se lancer dans la transformation agroalimentaire, notamment celle de la tomate. « Dans l’avenir, j’aimerais produire de la tomate en sachet ou en boîte. Il n’existe pas d’usine de transformation de tomate dans notre pays. Pourtant, c’est possible. Aujourd’hui, la majorité des tomates transformées de bonne qualité sont importées. J’ai déjà essayé la transformation artisanale, mais les coûts sont très élevés, notamment pour l’emballage. Nous avons besoin d’une usine de transformation pour permettre aux producteurs de produire en grande quantité et de mieux valoriser leurs récoltes », plaide-t-elle.
Lauréate du concours Start-ups 2026
Grâce à son projet de transformation de tomate basé sur des variétés améliorées et des techniques de conservation optimisées permettant de réduire les pertes post-récolte et d’assurer une meilleure disponibilité sur le marché, Josiane Tambassoua a figuré parmi les trois lauréates du concours Start-ups organisé en mars dernier à l’occasion de la 3e édition du Salon national de l’entrepreneuriat (SANEF3).
Elle a décroché la première place et remporté le premier prix. « Le projet que j’ai présenté portait sur la tomate afin d’augmenter nos capacités de production. Avant, je livrais environ 300 kilos par semaine. Grâce à ce concours et au prix remporté, j’aimerais augmenter notre capacité à une ou deux tonnes de tomates par semaine. C’est ce projet qui a été validé », se réjouit-elle.
À travers son parcours, Josiane Tambassoua incarne l’image d’une jeunesse centrafricaine ambitieuse, résiliente et convaincue que l’agriculture peut devenir un véritable moteur de développement économique.
Déus Gracias Tchémanguéré

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