Conformément au calendrier élaboré par le ministère de l’éducation nationale relatif à l’année académique 2023-2024, les élèves et le personnel administratif public et privé ont repris le chemin de l’école ce lundi 18 septembre sur toute l’étendue du territoire Centrafricain. Cependant, l’ambiance n’est pas la même dans tous les établissements que l’Oubangui Médias a sillonnés.

Ils sont nombreux, des anciens et des nouveaux élèves, des enseignants de la maternelle jusqu’au secondaire, les proviseurs des lycées, les directeurs des écoles, les censeurs, les intendants et autres agents à regagner les établissements après trois mois de vacances. Comme il est de coutume, tous les établissements scolaires ont ouvert leurs portes, des enseignants à leurs postes, prêts à accueillir les élèves en ce premier jour de rentrée des classes.

Cependant, la rentrée scolaire n’est pas encore effective dans certains établissements scolaires de la place, même si d’autres ont automatiquement repris. Prenons le cas de l’école Saint Clair située dans le quartier Padré  Pio à Bimbo, l’administration est en place. Quelques élèves de ladite école sont comptés au bout des doigts. « L’administration est ouverte depuis le matin ainsi que les salles de classes et certains professeurs mais les élèves ne sont pas là. On les comptes au bout de doigt c’est ainsi que nous sommes obligés de libérer ces quelques élèves qui étaient là afin d’aller sensibiliser leurs camarades pour qu’ils reviennent le lendemain », a déploré un enseignant de cette école.

Même constat à l’école Bimbo garçon et fille située à proximité du marché de Bimbo. Ce premier jour de la rentrée a été très timide. La cour de cet établissement est quasiment vide.

Un peu plus loin au lycée technique dans le premier arrondissement de Bangui, l’ambiance est timide avec très peu d’élèves. Au lycée de Miskine dans le 5e arrondissement de Bangui, les élèves venaient en tourisme. Anne Yindoua Proviseur du lycée déplore les faits. «Les élèves sont venus massivement ainsi que les enseignants mais ces derniers sont venus sans leurs effets scolaires. Quand on vient à l’école, c’est pour apprendre et écrire. On ne vient pas en tant que  spectateur mais plutôt apprenant. Nous demandons aux parents de sensibiliser leurs enfants à venir car les enseignants sont déjà prêts ».

Une rentrée timide aussi dans les provinces

Au Nord-Ouest du pays notamment à  Ngaoundaye ville située à 602 km de la capitale, les élèves sont venus massivement au sein des écoles. Prenons le cas de l’école catholique Centre et promotions Féminine de Ngaoundaye (CPF) qui accueille plusieurs élèves, selon l’un des enseignants, ce premier jour de la classe n’a pas dérogé à la règle. « La cour de l’établissement primaire est rempli par des élèves en tenue Rose-Bleu qui sont là pour la messe d’ouverture au sein de l’école comme on le fait chaque année le premier jour de la rentrée afin de marquer la cérémonie d’ouverture. Les élèves sont très contents de revoir leurs camarades de classe », a expliqué l’un des enseignants de cette école contacté par l’Oubangui Médias.

 Par contre à Béloko toujours à l’Ouest du pays à la frontière avec la République du Cameroun, cette rentrée a été perturbée par l’attaque des hommes armés des 3R, membres de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC). Cette attaque a paralysé les activités économiques ainsi que la rentrée scolaire.

Un élève de la classe de Terminal au lycée Miskine encourage ses pairs à hâter les pas: « L’école c’est notre avenir. Je ne comprends pas pourquoi les autres traînent encore les pas. C’est ici que les élèves ne donnent pas l’importance au premier jour de la rentrée. C’est un moment important. Donc, je les invite à venir massivement aux cours. J’invite aussi les parents à renvoyer leurs enfants à école ».

Une autre élève retrouvée dans le quartier tente de se justifier. « Mon père n’est pas encore payé donc je n’ai pas encore mes fournitures. J’attend la semaine prochaine afin de reprendre les cours. En attendant, je vends de la bouillie pour me chercher quelques effets », a relevé Diane à Bimbo.

Dans la majorité des établissements de la place, la rentrée des classes a été bien effective malgré certaines difficultés. Le lancement officiel de la rentrée académique est reporté à cause de l’absence du Président de la République, le Professeur Faustin Archange Touadéra qui participe à l’assemblée générale des Nations Unies à New-York.

Cependant, les enseignants intégrables du fondamentale 1 ont manifesté dans la matinée du lundi 18 septembre 2023 devant le ministère de l’éducation. Au moins 4000 enseignants après la formation réclament leur intégration dans la fonction publique. Ces derniers se disent fatigués des fausses promesses faites par le Gouvernement qui est de procéder à l’intégration de ces enseignants chaque année. Le Gouvernement n’a pas encore donné une suite à leur exigence.

Jenny Alida Mbokosse