L’Association des jeunes écrivains centrafricains (AJEC), en partenariat avec l’Ambassade de France, a organisé pour la toute première fois un forum national sur la lecture et le livre. L’événement s’est tenu le 7 mars 2026 à l’Institut New Tech de Bangui autour du thème : « Le livre, mémoire et gage pour la République centrafricaine ».

Cette rencontre a réuni plusieurs écrivains centrafricains, des conteurs, des slameurs, des artistes ainsi que des élèves et étudiants de l’Institut New Tech. L’objectif principal était de promouvoir la lecture et le livre, de rassembler les écrivains autour de cette activité et de susciter chez la jeunesse centrafricaine l’intérêt pour la lecture, afin qu’elle contribue au développement de la littérature nationale.

Il s’agissait également de mobiliser des partenaires et de rappeler aux Centrafricains que la lecture constitue un facteur essentiel du développement personnel et du progrès de la société.

Bienvenue Juvénal Rouheoa, président de l’Association des jeunes écrivains centrafricains (AJEC), a expliqué les raisons pour lesquelles un accent particulier est mis sur la lecture et le livre en République centrafricaine.

« Nous avons mis cet accent particulier sur la lecture et le livre parce que nous voulons donner une autre image à la jeunesse centrafricaine. On définit souvent les jeunes comme des braqueurs, des voleurs et autres. Nous voulons redonner une image positive à notre jeunesse pour montrer qu’elle est aussi capable de s’engager pour la cause de notre société à travers la lecture, le livre et tous les moyens intellectuels permettant de développer notre nation », a-t-il déclaré.

De son côté, Serge Singa Bengba, directeur général et fondateur de l’Institut New Tech, a exprimé sa motivation à encourager la jeunesse centrafricaine à développer ses capacités afin de contribuer à la construction du pays à travers la mémoire et le savoir.

« Il est important aujourd’hui d’avoir une mémoire, et de préférence une mémoire écrite. Si nous n’avons pas de mémoire, nous sommes condamnés à répéter les mêmes erreurs. C’est donc essentiel de conserver cette mémoire afin de tirer les leçons de notre passé. Victor Hugo disait : “Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas.” Cela signifie que nous devons nourrir notre esprit grâce à la lecture. J’ai tenu à soutenir l’organisation de cet événement des jeunes écrivains centrafricains parce que, lorsque j’étais jeune au Centre protestant pour la jeunesse, des aînés comme Alphonse Blague, Nzapa Kommanda Yakoma ou encore Mamadou Pamoto venaient échanger avec nous. Nous étions alors en classe de seconde ou de première. Ces échanges nous ont beaucoup forgés. Aujourd’hui, je souhaite que nous puissions transmettre la même chose à nos enfants, à nos cadets et aux générations futures. Je suis fier de constater que la jeune génération prend la relève », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, cette rencontre a permis à Kondamoyen Marianna, élève en classe de seconde SD au lycée scientifique Ben-Rachid, de partager sa passion pour la lecture.

« Pour moi, la lecture est avant tout une passion. Elle me permet de me détendre et d’oublier certaines difficultés de la vie. Lorsque je lis, je me retrouve moi-même. La lecture est très importante pour les élèves et pour nous qui sommes encore adolescents. Elle nous aide à nous développer, à avoir confiance en nous, à enrichir notre vocabulaire et à ne pas avoir peur de prendre la parole devant un public », a-t-elle confié.

Il convient de rappeler que ce forum national sur la lecture et le livre s’inscrit dans une dynamique de promotion de l’émancipation intellectuelle des jeunes centrafricains et de réconciliation durable avec la jeunesse, pilier du savoir et du développement.

Loin d’être un simple événement culturel, cette rencontre se veut une véritable mobilisation nationale autour du livre. Présenté comme une arme silencieuse, le livre, et la lecture, considérée comme un acte de liberté, occupent une place centrale dans la construction d’une société. L’écriture, quant à elle, est perçue comme un acte de mémoire tourné vers l’avenir.

Dans un contexte marqué par de nombreux défis sociaux, éducatifs et culturels, l’Association des jeunes écrivains centrafricains estime que le livre et la lecture constituent des leviers puissants pour renforcer l’éducation, valoriser la culture nationale, stimuler l’esprit critique et promouvoir la paix, le dialogue ainsi que la cohésion sociale.

Arnold Ange Finmini