Tout semble être acté pour la composition du premier gouvernement de la VIIe République, après le retour du président Touadéra de New-York où il prend part à l’Assemblée Générale des Organisations des Nations-Unies (ONU) sur les Objectifs du Développement Durable (ODD).

Bien que le président Touadéra a longtemps opté pour la stabilité des institutions publiques et du gouvernement depuis qu’il préside à la Magistrature Suprême de l’Etat en 2016 avec juste 4 Premier ministre, cette fois-ci, un remaniement intégral du gouvernement s’imposé à lui par la circonstance du temps.

En effet, dans son discours du 1er marquant l’entrée de la RCA à la 7e République, le président Touadéra avait d’ores et déjà tracé une feuille de route pour la prochaine équipe qui sera mise en place.

Une République révolutionnaire

Selon le Président Touadéra, la 7ème République se veut révolutionnaire. « Elle ne sera pas ouverte à tous ceux qui pensent que les responsabilités publiques et les hautes positions politiques sont des opportunités d’enrichissement et du profit personnel, au détriment de la population ». 

Par ailleurs, il précise que : « Elle a besoin d’une justice réellement juste, des acteurs judiciaires honnêtes, moralement et professionnellement irréprochables pour éradiquer l’impunité, la corruption, les détournements des deniers et biens publics qui privent l’Etat des moyens de répondre aux besoins sociaux et de développement de notre pays ».

En poursuivant sa ligne directrice, le Chef de l’Etat ajoute que : « La 7ème République a besoin davantage des forces de défense et de sécurité républicaines, professionnelles, disciplinées, équipées, ayant le sens de sacrifice suprême pour garantir l’intégrité du territoire et assurer la libre circulation des personnes et des biens, ce à quoi nous nous attelons depuis le 30 mars 2016 ».

« La 7ème République met un accent particulier sur la valeur du travail, de l’effort individuel et collectif, du mérite, comme conditions d’épanouissement personnel et collectif. Cette nouvelle République est celle qui reconnaît la place et la valeur de la femme et de la jeunesse dans la gestion de la Nation et les implique à tous les niveaux de responsabilité. La 7ème République a besoin de votre génie, le génie centrafricain ; elle a besoin de rassembler toutes les énergies, les compétences et les intelligences pour se construire », avait-t-il conclu.

Même s’il avait souligné que des réformes contenues dans la nouvelle Constitution seront mis en œuvre progressivement, des sources de la Présidence de la République admettent que la composition de l’équipe qui répondra à cette vision sera donc urgente.

« Pas de temps à prendre après avoir dépensé l’énergie nécessaire pour doter le pays de la nouvelle Constitution », a lâché à l’Oubangui Médias l’un des conseillers du Président de la République.

Le retour du chef de l’Etat de l’AG de l’ONU à New-York est un repère déterminant pour s’occuper de la politique intérieure de la RCA, après une tournée qui a assez duré à l’extérieur.

Déjà, ils sont nombreux et conscients, des membres du gouvernement à préparer leur sortie. Même si d’autres multiplient des actions et sorties médiatiques pour tenter de rester dans la camera du président Touadéra. Il devrait se débarrasser des collaborateurs qui n’ont pas produit des résultats escomptés, donner la chance à certains de changer de portefeuille et faire appel à de nouvelles têtes, plus ou moins jeunes pour impulser cette dynamique du décollage économique du pays de la 7e République.

Disposant de son pouvoir discrétionnaire conféré par la Constitution,  lui seul reste à la manouvre et peut-être avec la contribution de sa formation politique qui devra gérer les ramifications politiques et plusieurs autres associations de soutien à la politique du président Faustin Archange Touadéra.

Sans être un gouvernement de récompense, nous siffle un autre conseiller du président Touadéra, le Chef de l’Etat devra néanmoins faire appel à ceux qui se sont battus pour permettre au pays de se doter d’une nouvelle constitution. Ceci, afin de « poursuivre l’œuvre en mettant en application les réformes contenues dans cette constitution », poursuit-t-il.

Le gouvernement actuel date de l’après élection présidentielle de 2020. Plusieurs autres ministres y sont depuis 2016, donc depuis le 1er mandat du Président Faustin Archange Touadéra

Aujourd’hui, des tractations seraient en cours pour offrir à certains des sorties honorifiques.

Fridolin Ngoulou