Un constat  qui a conduit à une analyse des Médecins Sans Frontières en République Centrafricaine sur le taux des violences sexuelles de 2018 à 2022. Le rapport de cette analyse est mis à disposition des journalistes en fin octobre dernier.

Dénommé « Des blessures invisibles », les conclusions de MSF sur les violences sexuelles en RCA entre 2018 et 2022, ce document de 18 pages donne un aperçu général du taux des violences sexuelles qui ne fait qu’augmenter en Centrafrique durant toute la période des cinq années. Passant de 1934 cas reçus en 2018;  2287 en 2019 le  taux culmine à 5789 cas en 2022 sans ajouter les cas récents de 2023.

Selon ce rapport, les équipes de Médecins Sans Frontières en République Centrafricaine ont pris en charge plus de 19.500 survivants de violences sexuelles à travers le pays. Au cours de cette période de cinq ans, MSF a multiplié par trois le nombre de patients reçus pour ce type de violence, grâce entre autres à l’intensification des activités communautaires, à la sensibilisation, à l’amélioration de la collaboration avec d’autres organismes d’aide et le Ministère de la Santé ainsi qu’à l’extension des programmes de MSF tant en terme de portée géographique que d’offres de soins.

 Kristen Poels, responsable de communication MSF justifie  : ‹‹ aujourd’hui on a organisé cette rencontre avec les professionnels des médias pour partager nos analyses sur les violences sexuelles qui ont lieu en RCA. On a fait un rapport qui analyse vraiment toutes les données des cinq dernières années à travers le projet MSFpuis globalement aussi à travers d’autres organisations qui ont pris en charge des cas de violences sexuelles. Et le constat c’est qu’il y a trois fois plus de personnes qui ont demandé de l’assistance sur ce sujet là donc c’est quand même une vraie problématique. On a accueilli chez MSF plus de 19.500 cas de violences sexuelles sur cette période de 5 ans et en tout dans le pays on a compté plus de 35.000. L’idée c’est de communiquer sur ce phénomène, dire qu’il y’a des solutions qui existent, les personnes victimes de violences sexuelles peuvent aller chercher de l’aide auprès des structures que ce soit MSF ou des structures étatiques. Il faut vraiment qu’elles n’arrêtent pas de demander du support ››, a-t-elle conseillé.

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse du taux de violences sexuelles en République Centrafricaine. Et les conflits armés ne constituent qu’un des éléments. il y a des facteurs culturels et bien d’autres selon ce rapport.

A cet effet, les MSF recommandé d’élargir la couverture géographique en décentralisant les services comprenant un ensemble complet de soins médicaux et un soutien psychosocial afin de garantir un accès 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, avec une approche centrée sur le survivant, fondée sur la confidentialité, l’empathie le respect et la protection de la vie privée. Accroître le soutien à une réponse multi sectorielle, y compris la santé, la santé mentale, le soutien psychosocial, la protection, le soutien social et les espaces sûrs pour les survivants. Il faut également offrir aux victimes la possibilité d’une intervention thérapeutique de grossesse dans les conditions sûres afin de prévenir les décès maternels liés aux avortements provoqués dans des conditions dangereuses et encourager le développement des stratégies qui s’attaquent aux causes profondes de la violence sexuelle et s’efforcent de modifier les normes sociales néfastes dans le but de réduire les risques de violences sexuelles notamment en apportant un soutien aux niveaux législatif, politique et communautaire.

Ces informations ont été données lors d’un café de presse organisé par MSF à Bangui.


Belvia Espérance Refeïbona